Interview – Dan Courtemanche, Vice-Président Communication de la MLS

dan courtemanche MLS 2013

Dan Courtemanche, Vice-Président Communication de la MLS (photo : Sam Greenwood/Getty Images North America – 2013)

 

Fin décembre, la Major League Soccer (MLS) nous a reçu dans ses locaux à New York.

Quelques jours après le titre remporté par les Portland Timbers, Dan Courtemanche, Vice-Président Communication de la MLS nous dresse le bilan de la saison 2015. L’occasion également de lui poser quelques questions sur la spécificité des ligues fermées, la position de la MLS face aux affaires de la FIFA ou encore les perspectives de développement de la ligue nord-américaine de soccer.

“Nous voulons jouer un rôle important dans les réformes à mettre en place à la FIFA.”

SportBuzzBusiness.fr : Quel bilan tirez-vous de la saison 2015 de MLS ?
Dan Courtemanche : 2015 est la meilleure saison de l’histoire de la MLS et ce pour différentes raisons. Plusieurs joueurs de renoms sont arrivés : Didier Drogba, Kaka, Andrea Pirlo, Steven Gerrard. Mais le plus important, ce sont les arrivées de jeunes joueurs talentueux : Giovani Dos Santos, la star de la sélection mexicaine et surtout Sebastian Giovinco qui a joué pour la Juventus Turin et la sélection nationale italienne. Giovinco a fait le choix de venir en MLS et nous l’en remercions.
Aussi, nous avons engagé une politique favorisant l’éclosion de jeunes talents canadiens et américains à travers la Youth Academy, et certains joueurs ont débuté en sélection nationale. L’affluence moyenne dans les stades est en hausse, des stades ont été construits ou rénovés. Une franchise au Minnesota verra le jour en 2018 avec un nouveau stade et une franchise devrait voir le jour à Miami, projet mené par un groupe d’investisseurs avec à sa tête David Beckham, et ce en 2018 ou 2019.
Ce sont principalement ces éléments qui amènent à penser que 2015 fût la meilleure saison de la MLS.
Au niveau national, la MLS est diffusé par ESPN et Fox Sports. Au niveau international, la MLS est diffusé dans de nombreux pays grâce notamment à Sky sports, Eurosport et ESPN International.
Nous avons des grands joueurs en MLS comme Drogba, Gerrard ou Pirlo. Tout le monde connaît Pirlo, qui a joué la dernière finale de l’UEFA Champions League, mais aujourd’hui de jeunes joueurs talentueux sont attirés par la MLS. Pirlo a 36 ans, Gerrard 35 ans mais le reste des joueurs qui viennent en MLS sont jeunes et talentueux.

SBB : Quels sont les entraîneurs ou directeurs sportifs étrangers qui évoluent en MLS ?
DC : Nous avons une majorité d’entraîneurs américains mais il y a aussi Carl Robinson, entraîneur de Vancouver, qui est gallois et qui a joué en Premier League, Owen Coyle qui est irlandais et coach de Houston, Adrian Heath qui dirige Orlando City et bien sûr Patrick Vieira qui dirigera le New York City FC en 2016.

SBB : Pouvez-vous expliquer en quoi consistent les différents partenariats noués entre la MLS et d’autres ligues professionnelles ou fédérations ?
DC : Il y a un partenariat entre la MLS et la fédération américaine de soccer, la CONCACAF et la fédération mexicaine de football. La MLS les représente aux Etats-Unis en matière commerciale ce qui implique les partenariats, la négociation des droits TV, etc… Pour exemple, la CONCACAF s’appuiera sur la MLS pour l’organisation de la Gold Cup.
De plus, nous entretenons de très bonnes relations avec la Premier League et la Bundesliga. Nous avons un partenariat avec la Fédération Française de Football pour la formation des entraîneurs. La France a formé des joueurs de classe mondiale et nous avons pu envoyer nos entraîneurs à Clairefontaine pour suivre une formation afin de devenir de meilleurs entraîneurs.
Nous voulons développer les centres de formations. 2 jeunes joueurs qui sont passés par la Youth Academy ont fait la Coupe du Monde au Brésil et l’objectif est qu’il y en ait plus dans le futur.

évolution logo MLSSBB : Pour quelles raisons la MLS a-t-elle optée pour une ligue fermée qui fonctionne sans système de promotion-relégation ? 
DC : La MLS est une ligue jeune, en comparaison à Ligue 1, la Bundesliga ou la Premier League qui existent depuis plus d’un siècle pour certaines. C’était une époque différente quand ces ligues professionnelles ont mis en place le système de promotion-relégation.
La MLS est seulement née il y a 20 ans et nous avons développé ce système et cette structure économique avec des franchises réunies en une ligue fermée, système qui a montré son efficacité. La MLS est une structure, une entité unique dans laquelle les équipes et les contrats des joueurs sont centralisés dans la MLS. Chaque franchise a un investisseur qui est actionnaire de la ligue.
Au départ en 1996, une franchise en MLS était estimée à 5 millions de dollars. Aujourd’hui, et grâce aux chiffres apportés par Forbes, on évalue la valeur moyenne d’une franchise à 157 millions de dollars.
Le système de ligue fermée est plus adapté au modèle nord américain que le système de promotion-relégation. La NBA et la NFL n’ont pas non plus de promotion-relégation.
La MLS croit en ce système, qu’il est bon pour développer « l’entertainment », notre « fan base », créer une histoire, un lien avec nos 20 franchises de MLS. Un exemple, le développement des stades détenus par les équipes et dédiés au soccer a généré une meilleure expérience du soccer pour les fans ainsi que des résultats financiers positifs pour les franchises.

SBB : Le “salary cap” est-il un handicap pour attirer des joueurs ? Quels sont les moyens dont disposent les franchises pour être attractives ?
DC : Chaque club a un « salary budget » de 4 millions de dollars. En plus de cela, les clubs de MLS peuvent faire signer des « designed players », ce qui leur permet d’avoir un nombre de joueurs limités dont le salaire peut dépasser le plafond maximal de salaire. Les équipes de la MLS peuvent également obtenir une « allocation money », une somme d’argent que l’équipe peut utiliser pour les salaires des joueurs dépassant le plafond. Ces équipes peuvent obtenir cette « allocation money » de plusieurs façons, notamment via les transferts de joueurs.
De plus il faut rajouter à cela les joueurs « Generation adidas », programme qui vise à promouvoir les jeunes talents du football aux Etats-Unis. Le programme, sponsorisé par adidas, encourage l’arrivée des jeunes joueurs américains en MLS. D’autres compensations financières sont allouées aux différentes franchises de la MLS pour les rendre compétitives et attractives.

SBB : De nombreux scandales éclaboussent la FIFA. Quelle est la position du soccer US et de la MLS par rapport à cette situation ?
DC : Nous avons déjà dit que nous voulions voir les choses changer à la FIFA, que nous voulions voir des réformes qui seront bénéfiques pour le football.
Nous faisons juste un constat. Il y a 2 mondes du football : il y a d’un côté celui des ligues professionnelles comme la Bundesliga, la Ligue 1, la Premier League ou la MLS qui travaillent à développer le football, que ce soit pour les fans ou pour la formation des joueurs ou des entraîneurs. Et de l’autre côté il y a la fédération internationale et ses affaires où nous voulons que ça change. Nous voulons jouer un rôle important dans les réformes à mettre en place à la FIFA.

“Le but de la MLS est de devenir la meilleure ligue du monde en 2022. Nous avons ce projet pour les 7 prochaines années en venir.”

SBB : Comment voyez-vous le futur de la MLS dans les années à venir ?
DC : Le but de la MLS est de devenir la meilleure ligue du monde en 2022. Nous avons ce projet pour les 7 prochaines années en venir.
En 2010 nous avions déjà annoncé cet objectif au moment de l’attribution de la Coupe du Monde 2022 et quand nous pensions qu’elle serait organisée aux Etats-Unis. La MLS est une ligue en plein développement et qui est en croissance constante. Et nous voulons voir cette croissance dans les différentes composantes de notre ligue en nous appuyant sur nos atouts qui sont notre base importante de fans, le potentiel de nos franchises… Dans les années qui viennent, porté par cette croissance, avec de nouvelles franchises qui vont être mises en place, les stades qu’elles construiront et occuperont, le nombre de fans en hausse tout comme la valorisation de chaque franchise, nous pensons être sur la bonne voie. La nouvelle franchise dans le Minnesota, une nouvelle franchise à Los Angeles en plus de celle des LA Galaxy, le projet porté par David Beckham à Miami en sont des exemples concrets.

Aussi, nous étudions une possible expansion jusqu’à 28 franchises. Les Etats-Unis et le Canada représentent une opportunité, du fait de leur population et de leur étendue géographique, pour avoir plus de clubs et un grand championnat.
En Europe, les principales ligues de football professionnel comptent en moyenne 20 clubs mais nous pensons que la MLS a potentiellement la taille de toutes les ligues européennes réunies.
L’année prochaine, l’objectif est de voir plus de jeunes issus des centres de formation jouer en équipe première, que les équipes nationales américaine et canadienne se qualifient pour la prochaine Coupe du Monde, ce qui passe par continuer à développer le soccer et notamment au Canada.
Nous voulons voir nos fans encore plus impliqués dans la vie et le soutien apporté à leur club, comme cela se fait en Europe. Il faut donc continuer à développer la relation fan-club via les réseaux sociaux, notre site web, la retransmission TV des matchs, etc… Il est important que les fans viennent plus régulièrement au stade soutenir leur équipe. Nous pensons être sur la bonne voie. En 2004 nous comptions 10 franchises en MLS, aujourd’hui nous avons en 20 et certainement plus dans le futur.

“La MLS a potentiellement la taille de toutes les ligues européennes réunies.”

Propos recueillis par Sacha Mateo depuis New York

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