Paris sportifs : « Le PMU est un des rares opérateurs bénéficiaires en France »

Il y a 3 ans, le marché du pari sportif en ligne faisait son apparition en France, à l’aube de la Coupe du Monde 2010 de football. De nombreuses sociétés s’étaient alors positionnées sur ce marché que l’on annonçait très lucratif pour les opérateurs et les acteurs du sport français. Aujourd’hui certains opérateurs ont disparu comme le « breton » France Pari Sportif qui s’est fait retirer son agrément par le ‘gendarme’ ARJEL. Nous avons interrogé Florian Motemps, co-fondateur du site kuzeo.com, pour qu’il nous dresse son bilan de ces trois premières années des paris sportifs en ligne en France.

SportBuzzBusiness.fr : Pouvez-vous présenter le site kuzeo.com et vos services ?

Florian Motemps : Kuzeo est aujourd’hui la source d’informations sur les jeux d’argent en ligne légaux en France (paris sportifs, paris hippiques, poker). Nous sommes un comparateur des promotions et des bonus des opérateurs, mais nous évoquons aussi l’actualité du marché français, la législation, l’addiction, et apportons de l’aide aux joueurs débutants.

SBB : Quel bilan tirez-vous de ces trois premières années de l’activité des paris en ligne ?

FM : Le marché des paris en ligne est désormais installé et se porte bien. D’ailleurs la structure générale du marché a changé puisque sur la dernière année, la somme totale misée a augmenté de 20% (PBJ de près de 64 millions d’euros). A contrario, le segment du poker en ligne s’essouffle et celui des paris hippiques survit.

Concernant les paris sportifs, 6 paris sur 10 concernent le football, tant sur les grands événements (Ligue des Champions, Euro, etc…) que lors de rencontres plus confidentielles (croissance des paris sportifs en Ligue 2). C’est un marché lié aux événements sportifs donc certains trimestres sont plus juteux que d’autres. L’année prochaine sera intéressante avec la Coupe du Monde de foot au Brésil.

Ces trois premières années sont positives. Bien que nous ayons vécu quelques anomalies ou des doutes sur des paris truqués, et il était absolument nécessaire de permettre aux parieurs français de jouer légalement en France, de façon encadrée. D’ailleurs, l’immense majorité des joueurs sont inscrits sur les sites en « .fr » agréés par l’ARJEL.

SBB : De nombreux opérateurs (bwin, Betclic) se font plus discrets sur le sponsoring maillot. Doivent-ils se concentrer sur le online ?

FM : Il est vrai que le site de pari sportif BetClic n’a pas renouvelé son contrat de sponsoring maillot avec l’OL (Hyundai à présent), de même avec l’OM (InterSport). La bataille « d’acquisition de joueurs » s’est faite en majorité la première année. Toutefois, Bwin est toujours un partenaire privilégié du Real Madrid, du Bayern Munich (champion d’Europe 2013) et de Manchester United. Ces opérateurs sponsorisent moins de clubs, le calcul du ratio « investissement/portée publicitaire du club » prime. Il y a encore quelques mois, de nombreux clubs avaient lié des contrats avec des entreprises de jeux en ligne (poker et paris sportifs). C’est dans l’air du temps, à savoir la rationalisation des dépenses. Enfin, n’oublions pas que l’engouement est retombé.

SBB : Quel opérateur selon vous a réussi à se différencier et donc à sortir du lot en France ?

FM : Bwin, de par ses partenariats actuels dispose d’une excellente image auprès des joueurs en ligne. Seulement, le marché étant ce qu’il est, le PMU profite au maximum de son aura historique dans l’hexagone, il est gage de qualité et surtout de sécurité. D’ailleurs le PMU est l’un des rares opérateurs bénéficiaires en France. Il a aussi réussi sa transition dans les paris sportifs et le poker, ce qui n’était pas évident tant son image est liée au turf. N’oublions pas aussi Betclic qui est très populaire en France.

SBB : Quelles ont été les principales évolutions de la loi concernant le marché des paris sportifs ?

FM : Elles sont à venir… Clairement, cette loi est encore très perfectible. Le tollé généré par « l’affaire Karabatic » a montré les limites législatives de ce marché naissant. Toutefois, les décrets mis en place par la suite peuvent rendre moins sexy les paris sportifs en France (moins de matchs, cotes faiblardes, etc…). N’oublions pas que l’ARJEL est une spécialité franco-française. Côté fiscalité, tout le monde ou presque est aujourd’hui d’accord pour un assouplissement en taxant le PBJ et non plus les mises… C’est au niveau du poker qu’il faut réagir aussi, en permettant aux étrangers de jouer et en autorisant un plus grand nombre de variantes sur internet.

SBB : Quel est le rôle de l’ARJEL ? Est-il écouté et respecté par les acteurs du marché ?

FM : L’ARJEL a un rôle de gendarme, son but est de protéger les joueurs. A ce titre, elle délivre les agréments indispensables pour permettre aux plateformes de jeux en ligne de proposer leurs services en France. A ce jour, il y a 20 opérateurs agréés en tout. Lors de la première année, il y en avait plus de 30. Les acteurs se doivent de suivre les consignes, sans quoi ils peuvent subir d’importantes sanctions, comme ce fut le cas avec France-Pari-Sportif (retrait de l’agrément et fermeture du site).

SBB : La France est-elle un pays de betting ?

FM : Historiquement, les Français sont très joueurs, il n’y qu’à voir la croissance du chiffre d’affaires de la FDJ par exemple. Les jeux de grattage (44% du chiffre d’affaires de la FDJ) et les paris hippiques de PMU (2ème marché mondial derrière le Japon) sont partie intégrante de l’ADN des Français. A ce jour, le marché du betting en France est encore ridicule versus le marché anglais par exemple (705 millions d’euros versus 2,8 milliards d’euros). Il faut encore trouver le bon mix pour permettre aux opérateurs de proposer de meilleures cotes, une fois de plus le paramètre fiscal peut être évoqué. Les derniers chiffres relatifs aux paris réalisés à Roland Garros attestent de la croissance possible du marché.

SBB : Comment analysez-vous l’évolution du betting (live betting, utilisation depuis un mobile etc…) ? 

FM : Clairement, avec l’avènement des smartphones et des tablettes tactiles, les comportements sont en train de changer : mobilité et live betting (paris en direct) sur les matchs. Il n’y a qu’à observer les chiffres du dernier événement majeur, à savoir Roland-Garros. La somme des mises a augmenté de plus de 20% par rapport à 2012 (+30% chez la FDJ et +10% chez PMU). Dans le même temps, 1 pari sur 3 a été réalisé depuis un terminal mobile. Kuzeo aura prochainement sa version mobile 😉

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