Interview – Marie Bochet, une athlète en Or puissance 8

 

Après une belle moisson aux Jeux Paralympiques de Pyeongchang 2018 avec 4 médailles d’or, Marie Bochet, championne paralympique de ski alpin, nous parle de son retour « sur Terre » en France. 

L’occasion d’en savoir plus sur la gestion de sa carrière, des médias aux sponsors en passant par les réseaux sociaux.

SportBuzzBusiness.fr : Comment avez-vous abordé votre rôle de porte-drapeau aux Jeux Paralympiques de Pyeongchang 2018 ? Était-ce un rôle particulier au sein de la délégation ?
Marie Bochet : Au début, j’ai eu du mal à accepter ce rôle, j’avais besoin de réfléchir car j’avais ma première course le lendemain de la cérémonie. Il y a encore un ou deux ans, je ne me serais pas sentie assez solide pour être porte-drapeau en plus de mes objectifs sportifs, mais quand la question s’est vraiment posée récemment… on se dit qu’on nous fait confiance et qu’on peut se faire confiance aussi. C’est un rôle qui a été assez facile car nous avions une superbe équipe avec une belle ambiance et on se connaissait tous. Le confort d’une petite équipe ! Avec du recul, c’était surtout une super aventure et ça a donné une ampleur supplémentaire à ces Jeux de mon côté, ça procure des émotions différentes qu’en tant que « simple » athlète. Ca m’a permis de m’ouvrir à autre chose qu’à ma performance.
Je ne voulais pas qu’il y ait une différence entre le porte-drapeau et les autres athlètes. Chacun le vit différemment ! Michaël Jeremiasz à Rio, par exemple, était vraiment porté sur l’ambiance dans l’équipe…

SBB : Estimez-vous que les paralympiques prennent de l’ampleur dans les médias ? La reconnaissance de vos disciplines est-elle en progression auprès du grand public ?
MB : C’est une pente ascendante depuis Londres (2012) ! A Sotchi en 2014, une grosse marche avait déjà été franchie, nous avons eu beaucoup de sollicitations et beaucoup de médias ont parlé de nous. Pour autant, le grand public n’avait pas encore de sensibilité pour les Jeux Paralympiques. Là, à Pyeongchang, tout le monde s’est plus impliqué et on perçoit cette compétition comme les Jeux Olympiques. La reconnaissance a augmenté grâce à la couverture médiatique, de plus en plus de journalistes viennent sur place. Ce qui permet d’avoir un contenu plus riche !

« la fierté c’est d’être restée au même niveau entre Sotchi et Pyeongchang ! »

SBB : Votre performance durant ces Jeux vous a offert une belle couverture médiatique : êtes-vous fière d’avoir accompli ce record de médailles ? (ndlr. Marie Bochet est la sportive française la plus médaillée d’or olympique/paralympique, tous sports confondus, avec 8 médailles)
MB : J’ai du mal à m’attribuer un côté « recordwoman » parce que les 4 médailles de Sotchi sont tellement différentes de celles de Pyeongchang ! Ce sont des choses nouvelles et différentes… et difficiles à associer. Au-delà du record, la fierté c’est d’être restée au même niveau entre les deux éditions ! Réussir à rester au top durant 4 ans et tenir ce rythme c’est incroyable.

SBB : Quels sont vos moyens de financement au cours d’une saison ? Que représentent les primes versées par le Ministère concernant vos médailles d’or (50 000€/médaille) ? Est-ce du net d’impôt ?
MB : Principalement, j’ai la chance d’être à l’Armée des Champions. C’est assez cool ! Pour l’Etat, c’est une façon de soutenir ses athlètes qui n’ont pas de statut professionnel. Car en France il est difficile d’être sans statut, notamment au niveau de la sécurité sociale… A côté de cela, je suis soutenue par différents partenaires, que ce soit la Société Générale, Rossignol, la Communauté de Commune du Beaufortin, Baouw!,… C’est une grosse évolution, même depuis Sotchi, et c’est surtout dû au fait qu’il y a une progression médiatique et une vraie reconnaissance du monde valide envers le monde handisport. Les événements comme les Etoiles du Sport aident à la reconnaissance entre athlètes et avec le grand public.
Pour les primes liées aux médailles, ce n’est que du plus car nous n’avons pas de prime sur les autres compétitions ! Même si ce n’est pas net d’impôt… (rires) ! Etalée sur les 4 ans de préparation, la somme n’est plus si énorme que cela, même si c’est déjà super !

SBB : Comment travaillez-vous sur la recherche de partenaires ? Et comment est né votre partenariat avec Baouw! ?
MB : En fait ce sont plutôt les partenaires qui viennent à moi. Je suis fidèle à mes partenaires depuis le début, j’ai grandi avec eux et les partenariats ont suivi. Je ne suis pas en chasse de partenaires, je préfère rester sur mes valeurs et pouvoir véritablement développer des choses. Je gagne ma vie globalement avec mes partenaires, mais je ne cherche pas à en rajouter « pour en rajouter ». Typiquement, Baouw! est une entreprise qui me plaît et que j’ai envie d’aider. Je connais la marque par Benoît Nave, le chef nutritionniste, qui m’a parlé de la marque, dont j’ai goûté les produits et ça a donné un partenariat. C’est une belle rencontre avec cette entreprise, ils font de beaux produits… Pour tous mes partenaires « matériel », j’accorde beaucoup d’importance produit en lui même.

« Pendant les Jeux, j’ai besoin de déconnecter des réseaux pour ne pas me polluer le cerveau et pour rester concentrée »

SBB : Comment gérez-vous vos réseaux sociaux ? Seule, avec l’aide de quelqu’un…? Pour vous, quelle est l’importance de ce média ?
MB : En dehors des Jeux, je m’en occupe seule sous les conseils de mon grand frère qui travaille là dedans. Pendant les Jeux, j’ai besoin de déconnecter des réseaux pour ne pas me polluer le cerveau et pour rester concentrée, alors c’est mon grand frère qui prend la main. Je lui envoyais les photos et le contenu pour qu’il poste ça à ma place, histoire de ne pas faire d’impair ! J’ai déjà confié mes réseaux sociaux à quelqu’un d’autre que mon frère mais ça n’avait pas marché. Ça marche parce que c’est mon frère, c’est moi au masculin ! Mais là j’ai repris mes réseaux en main, je bénéficie d’un soutien énorme et les gens sont gentils avec nous… Il y a beaucoup de positif. L’importance est différente des autres médias, mais les réseaux sociaux c’est primordial car beaucoup de médias me suivent par ce biais. Il faut être réactif, c’est un vecteur d’information très suivi…

SBB : Un mot pour finir sur votre présence au sein de la commission des athlètes des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024.
MB : Ma participation au comité des athlètes est une opportunité exceptionnelle sur plusieurs points. Tout d’abord c’est pour moi un partage d’expérience très fort pour préparer l’échéance de Paris 2024, cela me permet aussi de m’ouvrir au monde sportif français, de rencontrer des sportifs impliqués dans leur activité et mobilisés pour leur pays, et enfin je suis fière de pouvoir être un véritable relais auprès de la population française pour faire passer nos valeurs et expliquer l’enjeu et l’intérêt des JO dans notre pays !

 

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