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Interview – « Les réseaux sociaux, c’est un deuxième travail » : Nicox, freestyleur football, raconte les coulisses de sa communication

Entre réseaux sociaux, démarchage des médias et recherche de sponsors, le freestyleur a dû apprendre à promouvoir lui-même son activité. Nicox revient sur les stratégies déployées pour gagner en visibilité et transformer sa notoriété en opportunités professionnelles.

Quadruple champion de France de freestyle football, vice-champion d’Europe et membre du Top 4 mondial, Nicolas Rivière, alias Nicox, a progressivement développé une activité autour des compétitions, des spectacles mais aussi des réseaux sociaux.

Le freestyleur a dû apprendre à communiquer sur son activité, parfois seul et avec ses propres moyens. Pour Sport Buzz Business, Nicox explique comment il a cherché à gagner en visibilité et à faire émerger son activité.

Sport Buzz Business : Tu es aujourd’hui à la fois compétiteur et artiste. Comment as-tu construit ton activité ?

Nicox : J’ai commencé le freestyle football en 2016, avant de me lancer sérieusement en 2017. Au bout de deux ans, j’étais déjà vice-champion de France. En 2020, je deviens champion de France et ce titre a été un déclic : les gros groupes de freestylers qui vivaient du freestyle football ont commencé à me proposer des spectacles.

Dans notre milieu, on ne peut pas vivre uniquement des compétitions. Il n’y a pas assez de compétitions et les prize money sont généralement de 300 à 500 euros. J’ai donc décidé d’aller dans le monde du spectacle pour vivre de ma passion et avoir du temps pour m’entraîner.

 

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Sport Buzz Business : À quel moment la communication est-elle devenue importante pour toi ?

Nicox : Il n’y a pas longtemps, j’ai commencé à me mettre davantage sur les réseaux sociaux pour essayer de toucher des sponsors ou des personnes qui pourraient m’accompagner lors de mes compétitions.

J’ai notamment une marque qui me fournit mes chaussures et une marque de vêtements streetwear qui m’a accompagné cette année et m’a permis de me déplacer grâce au sponsoring.

Sport Buzz Business : Est-ce difficile de se faire une place sur les réseaux sociaux quand on pratique une discipline comme le freestyle football ?

Nicox : Oui. On pourrait penser qu’il suffit de poster une vidéo de freestyle football pour que ça fonctionne parce que c’est une discipline spectaculaire. Mais ce n’est pas aussi simple. Il y a aujourd’hui beaucoup de contenu autour du freestyle football sur les réseaux sociaux.

 

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« J’ai donc dû réfléchir à la manière d’avoir davantage d’abonnés et d’être plus visible. Il fallait trouver un concept »

Les réseaux sociaux représentent aussi un deuxième travail : il faut être régulier, accepter que certaines publications ne fonctionnent pas et gérer les éventuels commentaires négatifs. J’avais d’ailleurs suivi une formation aux réseaux sociaux avant de me lancer.

 

Sport Buzz Business : Tu gères toi-même toute cette communication ?

Nicox : Effectivement. Je m’occupe du tournage, du montage et de la publication. Quand je fais une prestation, je viens avec mon trépied, je demande si je peux filmer et je monte ensuite les images.

L’objectif est notamment de montrer que le freestyle football n’est pas seulement une activité de compétition, mais aussi un spectacle. Beaucoup de personnes me connaissaient pour mes performances sportives sans savoir que je faisais également des spectacles. J’ai donc commencé à davantage mettre cette activité en avant et j’ai créé mon propre site internet.

L’idée est de développer mon activité pour obtenir davantage de spectacles, mais aussi de pouvoir financer mes déplacements en compétition. Mes sponsors restent encore assez récents et limités.

Sport Buzz Business : Tu as connu une forte progression sur Instagram. Quelle a été ta méthode ?

Nicox : Au début, j’étais très irrégulier. Je pouvais être actif pendant une semaine puis arrêter. À partir de décembre-janvier, j’ai commencé à produire plusieurs vidéos en une journée afin d’avoir du contenu pour plusieurs jours ou plusieurs semaines.

Cette régularité m’a permis de passer d’environ 3 900 abonnés en janvier à près de 14 000 quelques mois plus tard. Une vidéo réalisée avec quatre autres freestylers a notamment dépassé les 50 millions de vues.

Sport Buzz Business : Avec peu de moyens, la communication devient donc presque une activité à part entière ?

Nicox : Aujourd’hui, je dois gérer les compétitions, les spectacles et les réseaux sociaux. Et derrière, il faut aussi chercher les médias et les partenaires.

C’est beaucoup de travail, surtout quand on est seul. Mais pour une discipline comme le freestyle football, communiquer permet aussi de montrer qu’il existe une activité professionnelle autour du sport, avec des spectacles, des compétitions et des opportunités pour les marques.

Sport Buzz Business : Cette visibilité a-t-elle permis de créer des opportunités commerciales ?

Nicox : Oui. L’objectif de cette vidéo était notamment d’atteindre les 10 000 abonnés pour montrer aux marques que j’avais réussi à développer une certaine visibilité sur les réseaux sociaux.

Après cela, nous avons été repérés par plusieurs marques, comme Apple, Balenciaga ou Coca-Cola Europe. Nous avons également reçu une demande pour promouvoir une salle de jeux à Dijon à travers une vidéo.

Mais il faut trouver un équilibre. Produire du contenu demande énormément de temps et, avec les compétitions, les spectacles et les réseaux sociaux, c’est difficile à gérer seul. Je n’ai actuellement pas d’agent et j’ai donc dû mettre temporairement les réseaux sociaux de côté pendant une partie de la saison.

Sport Buzz Business : Et pour les médias traditionnels, as-tu également dû aller chercher la visibilité ?

Nicox : Après avoir vu un autre champion de France bénéficier d’une exposition dans les médias locaux, je me suis dit qu’après un quatrième titre, qui représentait un record historique dans la discipline, il fallait que je fasse quelque chose. J’ai donc contacté environ 70 journalistes.

« Je pensais qu’en gagnant des compétitions, les médias allaient venir automatiquement. J’ai découvert que ce n’était pas le cas »

Au début, je ciblais surtout les grandes chaînes et les grands médias, mais mes messages se retrouvaient rapidement noyés. J’ai ensuite commencé à contacter directement des journalistes et à leur demander s’ils pouvaient me mettre en relation avec d’autres personnes.

L’objectif était à la fois de raconter mon parcours, de donner une image plus professionnelle de mon activité, mais aussi de faire connaître le freestyle football et ses compétitions. Et cela peut directement déboucher sur des opportunités : après un sujet réalisé par Brut, j’ai reçu une demande de prestation le jour même.

Sport Buzz Business : Pour convaincre une marque, quel est ton principal argument ?

Nicox : Avant tout, il faut que la marque me ressemble. Je ne veux pas simplement travailler avec une marque pour afficher son logo. Je suis très compétitif, donc je cherche plutôt des marques qui peuvent correspondre à cet univers sportif.

« Je ne veux pas simplement travailler avec une marque pour afficher son logo. »

Avec Footwork, par exemple, il y a une cohérence avec ma spécialité du freestyle football et avec mon utilisation des chaussures en compétition. J’ai également travaillé avec Sombrero, une marque qui souhaitait se développer dans le freestyle football.

Mon activité me permet aussi d’offrir une double visibilité. Je peux porter une marque pendant mes compétitions et mes événements, mais également produire du contenu autour de ces prestations. Les partenaires peuvent donc être visibles sur mes propres réseaux sociaux, mais aussi lors des événements auxquels je participe et sur les contenus diffusés par les organisateurs.

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