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TeamPulse est une plateforme qui propose une gamme de services aux clubs et associations sportives : un outil de gestion tout en un, un service de messagerie, des équipements personnalisables et un module de sponsoring. Pour Sport Buzz Business, Arnaud Bailly, CEO, présente cette start-up qui a fusionné avec HelloAsso au mois de janvier.
Sport Buzz Business : Pouvez-vous présenter votre parcours professionnel avant le lancement de TeamPulse ?
Arnaud Bailly : Mon parcours a toujours été lié à l’entrepreneuriat. Alors que j’étais encore en alternance en école d’ingénieur, j’ai créé ma première boîte en 2005 avec mon asocié : un CMS à destination des mairies. J’ai également cofondé Wilogo, une start-up spécialisée dans la création de logos qui a été rachetée par Fotolia. J’ai aussi cogéré un site web de location de villas et appartements en Espagne, avant de lancer avec mes associés historiques Auxilium, une société dédiée à l’accompagnement des particuliers dans leurs démarches administratives et l’obtention d’aides sociales.
SBB : Quel fut le déclic qui vous a poussé à fonder TeamPulse ?
A.B. : L’idée de TeamPulse est née de Kevin Perrotta et Nicolas Prugne, qui ont commencé à écrire les premières lignes de code en 2017, à Clermont-Ferrand. À l’époque, ils parcouraient chacun près d’une heure de route pour se rendre à leurs entraînements, l’un au football, l’autre au basket. À plusieurs reprises, ils ont fait le déplacement pour rien, l’entraînement ayant été annulé au dernier moment. Ils ont alors décidé de créer un outil pour améliorer la communication au sein des équipes sportives et alléger la charge mentale des entraîneurs, notamment en facilitant la gestion des présences. J’ai rencontré Kevin et Nicolas quand il y avait 300 personnes sur l’application. J’ai senti qu’il y avait un potentiel à exploiter donc je leur ai proposé qu’on développe davantage le projet en ajoutant d’autres services. À cette occasion, je suis devenu CEO de TeamPulse.

SBB : A ses débuts, TeamPulse a donc été créé pour fluidifier la communication des clubs et associations sportives. Mais vous évoquez aussi d’autres services. Quels sont-ils ?
A.B. : L’objectif global de TeamPulse est d’apporter un ensemble de services aux clubs et associations sportives à travers un interlocuteur unique. Nous souhaitons soutenir le tissu associatif français, dans un contexte où les subventions publiques tendent à diminuer.
Pour cela, nous avons développé plusieurs solutions complémentaires. D’abord, une application qui facilite la communication et la gestion des présences entre les coachs, les sportifs et éventuellement leurs parents, avec notamment un service de messagerie. La gestion club, une interface web, s’adresse principalement aux dirigeants et centralise la gestion du club : communication interne, organisation d’événements, suivi de la trésorerie, système d’encaissement des paiements et des cotisations…
En parallèle, nous avons créé un service complet dédié aux équipements, comprenant des vêtements de sport et divers accessoires. Nous fabriquons nous-mêmes des tenues de sport au Portugal, sous notre propre marque TeamPulse, et pilotons l’ensemble de la chaîne, de la logistique jusqu’à la livraison. Les clubs peuvent personnaliser les équipements et les proposer à leurs adhérents. Dans ce cas, ils perçoivent une commission sur les ventes. Nous avons même un configurateur 3D qui permet de le faire de manière autonome. En 2025, près de 20 000 équipements ont été vendus.
Enfin, nous avons développé un module sponsoring visant à mettre en relation des marques et des clubs, notamment via la présence de sponsors sur les équipements. Nous sommes les seuls à gérer l’ensemble de la chaine : de la sélection des clubs parmi notre communauté, à la fabrication et la distribution des maillots, en passant par le design et les contrats triparties liant les clubs aux sponsors. Notre ambition est de devenir un acteur majeur du sponsoring sportif amateur. Cette activité a été temporairement mise en pause dans le cadre de la fusion avec HelloAsso, mais nous comptons la relancer et l’accélérer dans les prochains mois.
« Nous souhaitons soutenir le tissu associatif français, dans un contexte où les subventions publiques tendent à diminuer »
SBB : Quand a eu lieu la fusion avec HelloAsso ? Quelles sont les conséquences sur le fonctionnement de TeamPulse au quotidien ?
A.B. : Nous avons officialisé la fusion en janvier 2026 et faisons désormais partie du groupe HelloAsso. Cette intégration nous permet d’évoluer dans un cadre plus structuré, avec des processus renforcés, tout en conservant l’agilité d’une petite structure. Nous partageons les mêmes valeurs qu’HelloAsso, à savoir l’esprit d’équipe, l’entraide et l’écoute de nos utilisateurs.
SBB : Combien de collaborateurs composent l’équipe ?
A.B. : Nous sommes une quinzaine, en incluant les trois fondateurs. Un développeur devrait nous rejoindre fin avril. D’autres recrutements sont prévus, mais plutôt en 2027 car 2026 est une année de transition avec la fusion avec HelloAsso.
SBB : Combien d’utilisateurs compte TeamPulse ?
A.B. : Nous comptons deux millions d’inscrits. Environ 10% d’entre eux sont des dirigeants de club ou des entraineurs, le reste est composé des sportifs ou de leurs parents. Le football représente le premier sport parmi nos utilisateurs. Viennent ensuite le basket, le rugby et le handball, puis le volley, les sports de combat et les sports de raquette. Au total, une soixantaine de disciplines sont référencées sur la plateforme, y compris des pratiques plus confidentielles comme le longe-côte, le parapente ou même des jeux de société.
« Aujourd’hui, la majeure partie de nos revenus proviennent de la vente d’équipements »
SBB : Quel est le business model de TeamPulse ? Comment la plateforme génère des revenus ?
A.B. : Les services numériques proposés sur l’application et sur notre site sont entièrement gratuits. Auparavant, ces services généraient des revenus grâce à la publicité, que nous avons supprimée depuis notre fusion avec HelloAsso, qui offre entièrement le service à nos utilisateurs. Aujourd’hui, la majeure partie de nos revenus proviennent de la vente d’équipements.

SBB : Quels sont vos principaux concurrents ? Comment TeamPulse se distingue des autres acteurs présents sur le marché ?
A.B. : Sur le volet communication et gestion, nos principaux concurrents restent WhatsApp et Excel. Il y a également SportEasy, un acteur arrivé avant nous et qui a contribué à évangéliser le marché. On retrouve aussi des acteurs européens comme Spond ou Heja. Pour la partie équipements, nos concurrents sont surtout les grandes enseignes, notamment Intersport, très implanté localement, ainsi que des acteurs plus modestes mais présents sur certains territoires. Nous nous différencions en proposant une offre globale, avec une galaxie de services. Aussi, nos équipements répondent à des critères éthiques : ils sont fabriqués au Portugal, contrairement à la majorité du marché qui les produit en Asie.
« Sur le volet communication et gestion, nos principaux concurrents restent WhatsApp et Excel »
SBB : Est-ce que TeamPulse est rentable ? Quel est votre chiffre d’affaires ?
A.B. : Avant la fusion avec HelloAsso, nous étions sur le point d’atteindre la rentabilité. Avec la suppression de la publicité sur nos services numériques, ce n’est plus le cas aujourd’hui, mais c’est totalement volontaire et pris en charge par HelloAsso. La vente d’équipements devrait néanmoins nous permettre de redevenir rentables rapidement. En termes de chiffre d’affaires, il s’est élevé à 523 000 euros en 2024 et à 550 000 euros en 2025, mais il a presque été réalisé sans recours à la publicité par rapport à 2024. Il faut savoir que le sport amateur n’est pas le secteur où il y a le plus d’argent.
SBB : Avez-vous finalisé une ou plusieurs levées de fonds depuis votre lancement ?
A.B. : Nous avons bouclé une première levée de fonds en avril 2020 en récoltant 450 000 euros auprès d’Ecilac Capital et de la BPI en complément. En avril 2023, nous avons procédé à un autre tour de table en levant 1,5 million d’euros auprès d’industriels stéphanois et de nos investisseurs historiques. Je suis également présent au capital de l’entreprise, en tant qu’associé mais aussi investisseur.
« Lorsqu’on lance une start-up, il ne faut pas passer trop de temps à chercher des subventions ou à participer à des concours pour des gains modestes »
SBB : Quels conseils donneriez-vous à un entrepreneur souhaitant se lancer dans la sportech ?
A.B. : Je risque d’être un peu à contre-courant, mais je pense que lorsqu’on lance une start-up, il ne faut pas passer trop de temps à chercher des subventions ou à participer à des concours pour des gains modestes. Cela demande beaucoup d’énergie et, sur le long terme, il est souvent plus judicieux de se concentrer sur le développement de son produit. Un autre conseil : rester à l’écoute de sa communauté et des retours des utilisateurs, qui sont essentiels pour améliorer son produit.