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Sportigo est une solution SaaS tout-en-un de gestion pour les clubs et salles de sport, qui permet aux gestionnaires de piloter à la fois l’acquisition et la fidélisation de leurs adhérents grâce à un CRM et des outils de communication, de paiement et de réservation. Son CEO, Dan Amara, dévoile à Sport Buzz Business les contours de cette entreprise fondée en 2018.
Sport Buzz Business : Pouvez-vous présenter votre parcours professionnel avant de rejoindre Sportigo ?
Dan Amara : Avant de rejoindre Sportigo il y a deux ans, j’ai passé une dizaine d’années dans la finance de marché. J’ai ensuite évolué dans l’écosystème start-up, notamment chez Agicap et Treezor, où j’occupais des fonctions de responsable produit. Lorsque Laurent Ait Lhadj, le fondateur de Sportigo, m’a proposé de le rejoindre, j’ai vu l’opportunité d’accompagner la croissance d’une entreprise en plein développement.
SBB : Savez-vous quel a été le déclic qui a poussé Laurent Ait Lhadj à fonder Sportigo ?
D.A. : Laurent était responsable des équipes tech chez HiPay, une fintech spécialisée dans les paiements. Un jour, dans sa salle de sport, il a vu le gérant faire face à de nombreuses problématiques opérationnelles. Convaincu qu’il y avait quelque chose à améliorer, il a alors commencé à développer Sportigo depuis l’accueil de sa salle de sport, en construisant l’outil sur le tas pour répondre aux besoins concrets du terrain. L’entreprise a été fondée en 2018.
SBB : Pouvez-vous présenter Sportigo et sa proposition de valeur ?
D.A. : Sportigo est une solution tout-en-un de gestion pour les clubs et salles de sport. C’est un SaaS qui permet aux gestionnaires de piloter à la fois l’acquisition et la rétention de leurs adhérents grâce à différents outils. La plateforme intègre des modules de communication et de gamification, un CRM pour gérer les prospects et aussi des solutions de paiement et de réservation. Elle permet à nos clients de centraliser l’ensemble de leur activité tout en les aidant à générer davantage de prospects et à mieux les fidéliser. Enfin, Sportigo inclut une dimension matérielle avec des équipements connectés comme des tourniquets ou des systèmes de contrôle d’accès.
L’objectif est de proposer une solution globale qui permet aux clubs et salles de sport de n’avoir qu’un seul interlocuteur pour gérer l’ensemble de leur activité, en remplaçant parfois quatre ou cinq logiciels différents chez un même client.

SBB : Quels sports adressez-vous et combien d’utilisateurs compte Sportigo ?
D.A. : Nous adressons deux grandes verticales. D’un côté, le fitness pur, principalement des structures indépendantes qui proposent de la musculation et des cours collectifs. De l’autre, les studios spécialisés, comme la boxe, le yoga ou le jiu-jitsu brésilien. Nous travaillons aussi bien avec des salles qui se lancent qu’avec des réseaux plus établis, pouvant compter jusqu’à une dizaine de clubs. Aujourd’hui, Sportigo accompagne environ 1 000 clubs clients, soit près de 500 000 utilisateurs finaux. La solution est déployée dans une dizaine de pays, notamment en France, en Belgique, en Suisse, en Italie et au Luxembourg. En termes de tendance, l’engouement pour les disciplines évolue régulièrement. En ce moment, le Pilates reformer connaît une forte dynamique.
« Sportigo accompagne environ 1 000 clubs clients, soit près de 500 000 utilisateurs finaux »
SBB : Combien de collaborateurs composent l’équipe ?
D.A. : L’équipe compte 13 collaborateurs, dont une personne basée en Italie. C’est un marché que nous avons commencé à développer, avec de vraies opportunités, notamment parce que notre produit y était en avance par rapport à l’offre locale. Aujourd’hui, nous y accompagnons près d’une centaine de clubs.
SBB : Quel est le business model de Sportigo ? Comment la plateforme génère des revenus ?
D.A. : Notre business model repose principalement sur un abonnement SaaS, dont le tarif varie en fonction des fonctionnalités choisies. Nous réalisons un devis personnalisé afin de proposer l’offre la plus adaptée aux besoins de chaque client. A cela s’ajoute la vente de matériel, mais l’essentiel de notre activité provient du modèle SaaS.
SBB : Quels sont vos principaux concurrents ? Comment Sportigo se distingue des autres acteurs présents sur le marché ?
D.A. : Nous avons plusieurs concurrents sur le marché. Xplor, par exemple, est un groupe qui propose différents outils à destination du fitness, tandis que Bsport est davantage positionné sur les studios. De notre côté, nous adressons les deux segments. Nous nous distinguons surtout par notre vélocité de développement et notre capacité à intégrer rapidement de nouvelles fonctionnalités directement dans Sportigo.
SBB : Quel est le chiffre d’affaires de Sportigo ? L’entreprise est-elle rentable ?
D.A. : Nous sommes rentables mais nous ne communiquons pas sur notre chiffre d’affaires.

SBB : Dans le développement de Sportigo, avez-vous reçu une aide d’un partenaire, que ce soit de la part d’un investisseur ou d’une quelconque structure d’accompagnement ?
D.A. : Nous n’avons pas levé de fonds et nous n’avons pas non plus intégré d’incubateur ou de structure d’accompagnement. Laurent a choisi de développer le projet sans soutien extérieur.
SBB : Quel est l’accomplissement dont vous êtes le plus fier depuis le lancement de Sportigo ?
D.A. : Notre principal accomplissement, c’est d’avoir réussi à construire une offre à forte valeur ajoutée, avec une proposition complète qui répond à un vrai besoin du marché. On sent que le produit est bien aligné avec les attentes : nous perdons très peu de clients, ce qui montre que notre product-market fit est très bon. Nous avons aujourd’hui le bon produit sur le bon marché. Nous restons très proches de nos clients, en nous déplaçant régulièrement dans les salles de sport et en échangeant directement avec eux. Cela nous permet de garder une longueur d’avance, d’anticiper les besoins du marché et de faire évoluer la plateforme avec des innovations adaptées aux comportements des utilisateurs.
« Comprendre le problème ne se fait pas derrière un bureau, mais sur le terrain, au contact des utilisateurs »
SBB : Quels conseils donneriez-vous à un entrepreneur souhaitant se lancer dans la sportech ?
D.A. : La sportech est un univers très large. L’essentiel, c’est de bien comprendre le problème que l’on cherche à résoudre avec sa solution. Les clients sont des acteurs de terrain, donc il faut prendre le temps de les connaître et de comprendre les enjeux auxquels ils sont confrontés, afin de proposer une solution simple et réellement adaptée à leurs besoins, sans la complexifier inutilement. Il faut aussi garder une vision, tout en étant capable de l’ajuster, car l’écosystème évolue en permanence. Comprendre le problème ne se fait pas derrière un bureau, mais sur le terrain, au contact des utilisateurs.