Yohann Albonesy et deux associés rachètent le média Karaté Bushido

Yohann Albonesy, nouveau directeur général de Karaté Bushido

Il y pensait depuis plusieurs années, c’est maintenant officiel. Karaté Bushido change de main. Yohann Albonesy, accompagné de deux associés, reprend le média qu’il avait intégré en tant que responsable commercial en 2021. Le nouveau directeur général a accordé ses premières réactions à Sport Buzz Business.

Sport Buzz Business : Il y a eu du changement depuis notre dernier entretien. Les propriétaires historiques ont décidé de tourner la page et de vous céder Karaté Bushido…

Yohann Albonesy :  Ils ont fait preuve d’une très longue durée de vie entrepreneuriale (titre fondé en 1974) et c’est normal à un moment donné de passer le flambeau. Ce que j’ai tendance à dire, c’est qu’on n’a pas réellement acheté un actif d’un point de vue positionnement ou investissement financier. Ce qu’on récupère, c’est un héritage. Nous allons essayer de le faire perdurer et de le valoriser au mieux.

Qui sont les co-investisseurs, Issam Taleb et Niels Nizard ? Ils avaient déjà une attache avec l’univers des sports de combat ?

Ce sont des fans absolus, de la première heure, de Karaté Bushido. Ils ont connu la grande époque du magazine papier. C’est également des pratiquants et des compétiteurs de sports de combat et d’arts martiaux divers et variés. Ils sont très impliqués dans notre secteur et ils ont des parcours professionnels qui sont tout aussi intéressants. C’est pour ça qu’il y a eu une vraie volonté de s’associer. On a des profils qui se complètent parfaitement.

Issam Taleb travaille chez EY, un grand cabinet de conseil. Il est responsable du secteur nucléaire en France et il occupe toujours sa position aujourd’hui. L‘autre associé, Niels Nizard, est un entrepreneur à succès, qui a développé pas mal de solutions, notamment une entreprise d’aide à domicile. Il a pu opérer un exit et aujourd’hui, il est disponible en full time avec moi sur la mission Karaté Bushido.

Cela aurait pu se faire avec professionnels des médias ? Il y a eu des discussions ?

Tout à fait. C’était l’objet de discussions avec des fonds d’investissement qui voulaient intégrer la verticale sport. Le MMA étant en plein développement, c’était le bon moment de déployer ce premier asset. Des discussions qui n’ont pas abouti et c’est pour le mieux aujourd’hui.

Qu’est ce qui va changer avec ce rachat concrètement ? Le magazine, l’agende d’influence et la partie événementielle vont continuer comme avant ?

C’est un accélérateur. Pour moi, c’est vraiment un potentialisateur et également du challenge au quotidien avec mes nouveaux associés. C’est intéressant d’avoir des compétences métiers qui intègrent directement la direction de Karaté Bushido pour justement m’aider à structurer l’activité au quotidien sur l’axe stratégique mais également opérationnel. Honnêtement, le fait aujourd’hui d’avoir cette latitude et ce champ d’action qui est élargi me satisfait au plus haut point dans la mesure où je peux enfin activer une vision qui a été déjà plus ou moins arrêtée, bien qu’elle soit challengée par des événements récents.

Cela comprend donc du recrutement ?

Oui, absolument. Du moins, on va sur un modèle avec une certaine hybridation. On travaille de plus en plus avec des freelances et des partenaires, que ce soit des agences ou des apporteurs d’affaires, tout un tas de réseaux métiers qui gravitent autour de la marque Karaté Bushido. L’intégration de nouveaux personnels est envisagée. On a deux intégrations qui rentrent dès septembre au sein de l’effectif. C’est plutôt des montées en compétences internes de profils alternants qui deviennent salariés. 

Ça permet d’avoir un petit peu plus de latitude dans ce qu’on peut déployer. Pas tant uniquement financière, mais surtout sur l’exécution d’une vision. 

Sur la niche du MMA, on voit apparaître beaucoup de médias concurrents. Il y a une course au contenu. Comment vous voyez tous les nouveaux acteurs ?

Il y a une intensité concurrentielle qui est folle et dans toutes les verticales dans lesquelles on va opérer.  Il y a deux types de concurrence. Il y a la concurrence indirecte. On se bagarre tous un petit peu pour le temps de cerveau de nos concitoyens sur les différents canaux dans lesquels nous pouvons opérer. Mais il y a une concurrence directe qui s’intensifie de jour en jour. La Sueur est un très bon exemple. C’est un média qui fait un formidable travail. ais on a plein de néo-médias, de petits groupes qui sont en train de se monter. C’est très challengeant. Maintenant, évoluer dans un milieu concurrentiel, c’est un très bon moyen aussi de mettre du cœur à l’ouvrage.

Un événement historique, pas à grande dimension commerciale. Karaté Bushido veut depuis sa création démocratiser et valoriser les arts martiaux. Pour cette édition 2026, l’expérience spectateur sera améliorée.

Sur la partie vidéo, j’ai l’impression que les chiffres sont en net recul. On est loin des gros scores de la chaîne il y a deux ou trois ans…

On peut dire qu’on est sur une période un petit peu décroissant de par cette augmentation drastique de l’offre de nos concurrents mais également sur le secteur du divertissement puisqu’on reste un média qui réalise des productions grand public. Effectivement, ça devient de plus en plus dur. Maintenant, c’est une question de création de contenu, de distribution. Il y a des actions correctrices qui sont à mettre en place et on y travaille activement. On a également une deuxième chaîne YouTube qui va se développer très fortement de par notre déménagement. Aujourd’hui, on a investi des nouveaux locaux avec un studio de podcast intégré. Ça va nous permettre de pouvoir couvrir l’actualité, cette fois-ci en vidéo. On se diversifie également sur ce secteur.

Petite phase décroissante sur les performances des contenus mais ils sont globalement mieux produits, meux distribués, mieux revalorisés. La société arrive à se porter convenablement et on a des nouveaux assets qui arrivent dans l’équipe puisqu’on a fait quelques signatures intéressantes. Nous lançons les premières productions avec Major Gérald, qui est un instructeur au sein de la Légion étrangère et qui devient un talent exclusif Karaté Bushido, à la fois sur le pilotage de ses réseaux en propre, mais également ses interventions sur notre canal. Nous signons également la légende du sport de combat que l’on connaît bien, Jérôme Le Banner, qui intègre le média.

Le prochain rendez-vous, c’est le Festival des arts martiaux. L’événement va perdurer donc ?

C’est le 6 juin. Historiquement, c’était au mois de mars. Cela fait partie des toutes premières décisions avec un changement de temporalité. Pareil au niveau du modèle, il y a une refonte totale. On est partis d’une feuille blanche pour réécrire le récit que l’on voulait proposer à notre audience à l’occasion de ce Festival des arts martiaux, qui est globalement une grande fête de célébration de la diversité du paysage martial qu’on peut avoir sur notre territoire et dans le monde. Aujourd’hui, on intègre de la vidéo au sein du spectacle.

On change de lieu également pour aller au Palais des Congrès, une salle avec une configuration amphithéâtre, unidirectionnelle, pour mieux maîtriser la scène et notre récit. Voilà, on assume le côté spectacle aujourd’hui.  C’est un événement qui n’a pas forcément une vision commerciale dans son ADN. S’il dégage une forte rentabilité, j’ai envie de dire tant mieux, ça permet de le pérenniser. 

 

A lire aussi : Média, influence, MMA… Karaté Bushido veut gagner par KO

 

Restez au courant des nouvelles les plus importantes du sport business

Dans votre boite e-mail (1 fois par semaine).