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Finishers est une plateforme dédiée aux sports d’endurance qui aide les pratiquants à trouver et préparer leurs événements, tout en proposant des outils digitaux aux organisateurs et une activité média pour connecter marques et audience. Son CEO, Benoît Grassigny, dévoile à Sport Buzz Business les contours de cette entreprise qui a enregistré 30 millions de visiteurs uniques en 2025.
Sport Buzz Business : Pouvez-vous présenter votre parcours professionnel avant le lancement de Finishers ?
Benoit Grassigny : Je suis diplômé d’une école de commerce. Lors de ma dernière année, j’ai effectué une alternance chez Keneo, avec une mission d’un an pour la Ligue de Football Professionnel. J’ai ensuite rejoint le Paris Saint-Germain, où j’ai travaillé pendant deux ans sur des sujets de positionnement marketing, ainsi que sur des projets digitaux BtoC, notamment liés au CRM et à la digitalisation des abonnements. Puis, j’ai évolué en agence chez Infront Sports & Media, avant de devenir responsable marketing à l’Olympique Lyonnais pendant trois ans. Tout au long de mon parcours, j’ai développé une forte appétence pour la création de plateformes et d’outils digitaux. J’ai finalement cofondé Finishers en 2020 à Lyon avec deux associés.
SBB : Pouvez-vous présenter Finishers et sa proposition de valeur ?
B.G. : À l’origine, Finishers est né d’un constat simple : aider les pratiquants de sports d’endurance à trouver facilement des événements. À l’époque, réserver un hébergement sur Booking était très simple, mais trouver une course relevait souvent du parcours du combattant.
Aujourd’hui, nous avons structuré Finishers autour de trois grandes activités, qui s’adressent à trois publics différents.
D’abord, nous accompagnons les pratiquants de sports d’endurance en les aidant à identifier les événements qui leur correspondent, grâce à un recensement complet. Nous leur fournissons également toutes les informations essentielles pour préparer au mieux leur expérience : transport, équipement, nutrition sur place…
Ensuite, les organisateurs d’événements, qu’il s’agisse d’associations, de collectivités ou d’acteurs privés. Nous leur proposons une solution digitale complète pour développer leurs événements, avec une suite d’outils incluant notamment la billetterie (intégrée à Finishers), la revente de dossards, ainsi que la création de sites vitrines pour les petits et moyens événements. Nous avons passé plus de six mois à développer le module revente de dossards, c’était un gros projet d’un point de vue technologique.
Enfin, nous développons une brique média. Nous obtenons des audiences importantes et lançons des médias spécialisés, comme Marathons.com. L’objectif est de produire des contenus attractifs pour les annonceurs et les marques, qui s’intéressent de plus en plus aux sports d’endurance.
« Nous référençons aujourd’hui plus de 10 000 événements dans le monde, ce qui représente plus de 20 000 courses »
SBB : Quels sports d’endurance adressez-vous et combien d’utilisateurs compte Finishers ?
B.G. : Nous adressons tous les sports d’endurance. Nous avons commencé avec le running, qui constitue l’une de nos trois disciplines les plus importantes avec le triathlon et le vélo. Nous avons ensuite ouvert d’autres sports comme l’Hyrox, le fitness, le kayak, le ski de fond ou encore la natation.
Concernant le nombre d’utilisateurs, en 2025, nous avons enregistré 30 millions de visiteurs uniques sur nos plateformes, avec de nombreux visiteurs non francophones. Nous avons aussi vendu plus de 300 000 dossards via notre billetterie. Enfin, nous référençons aujourd’hui plus de 10 000 événements dans le monde, ce qui représente plus de 20 000 courses.
SBB : Combien de collaborateurs composent l’équipe ?
B.G. : J’ai fondé Finishers avec Hugo Charrier et Arnaud Didry. Au total, nous sommes une vingtaine de collaborateurs à temps plein répartis autour de trois pôles principaux : le commercial, le contenu/marketing et la relation avec les participants.

SBB : Quel est le business model de Finishers ? Comment la plateforme génère des revenus ?
B.G. : Le business model repose principalement sur un modèle de marketplace, avec des commissions sur la billetterie, la revente de dossards et des services associés. Nous avons également une activité média, avec des annonceurs et des organisateurs qui cherchent à occuper l’espace médiatique entre deux courses.
SBB : Quels sont vos principaux concurrents ? Comment Finishers se distingue des autres acteurs présents sur le marché ?
B.G. : La concurrence est assez éclatée, avec peu d’acteurs qui ont une approche aussi globale que la nôtre. La plupart sont positionnés sur une seule brique.
En France, sur le référencement d’événements, on peut citer par exemple Miles Republic ou d’autres acteurs locaux, souvent très spécialisés sur l’inscription ou les calendriers, mais assez limités géographiquement. À l’international, il y a des plateformes comme Find a Race, avec une proposition de valeur plus restreinte que la nôtre, notamment sur les sujets organisateurs et contenu.
Nous, ce qui nous distingue, c’est cette approche globale. Nous sommes aussi l’un des rares acteurs BtoC du secteur, avec un point de départ très centré sur les pratiquants. C’est ce qui nous permet de générer plus d’audience et de trafic que ces acteurs.
« La concurrence est assez éclatée, avec peu d’acteurs qui ont une approche aussi globale que la nôtre »
SBB : Est-ce que Finishers est rentable ?
B.G. : Nous ne sommes pas très loin de la rentabilité, et nous l’avons même atteinte sur les derniers mois de 2025 et le début de 2026. Mais ce n’est pas forcément notre priorité aujourd’hui. Le marché du sport, et en particulier des sports d’endurance, offre encore énormément d’opportunités, avec une forte croissance de la pratique et du nombre d’événements. Nous pourrions rester sur une trajectoire de rentabilité, mais nous faisons le choix d’accélérer. En 2025, nous avons généré plus de 12 millions d’euros de volume d’affaires, soit trois fois plus qu’en 2024.
SBB : Avez-vous finalisé une ou plusieurs levées de fonds depuis votre lancement ?
B.G. : Nous avons réalisé deux levées de fonds. Une première, fin 2021, de 700 000 euros auprès de business angels, parmi lesquels Stéphane Diagana et Thierry Omeyer. Puis une seconde, il y a deux ans, d’un peu plus de 3 millions d’euros, également auprès de business angels, dont Mathieu Blanchard, ainsi que Blast, le fonds d’Anthony Bourbon.
SBB : En quoi la présence de sportifs de haut niveau comme Thierry Omeyer, Stéphane Diagana ou Mathieu Blanchard au capital de Finishers est-elle un atout pour l’entreprise ?
B.G. : Ça nous ouvre pas mal de portes. Ils disposent d’un réseau très solide, ce qui nous aide beaucoup au quotidien. Stéphane, par exemple, est assez impliqué : nous avons déjà travaillé sur plusieurs projets ensemble. Évidemment, ils ont chacun des agendas très chargés, mais ils savent se rendre disponibles quand nous les sollicitons.
SBB : Dans le lancement de votre entreprise, avez-vous été soutenu par un incubateur, un accélérateur ou un réseau d’entrepreneurs ?
B.G. : Nous avons été lauréats du Réseau Entreprendre, ce qui nous a permis de bénéficier d’un financement et d’un accompagnement sur trois ans. Nous avons également intégré Le Pack, un incubateur lyonnais, ainsi que la première promotion de l’accélérateur Sportech de la BPI. Enfin, nous faisons partie du programme Scale Up Excellence de la French Tech.

SBB : Quel est l’accomplissement dont vous êtes le plus fier depuis le lancement de Finishers ?
B.G. : Notre plus bel accomplissement, c’est l’équipe. Avoir réussi à construire une structure qui emploie aujourd’hui 20 personnes est une vraie fierté. C’est gratifiant de voir ces 20 collaborateurs venir travailler chaque matin pour Finishers. Et puis il y a aussi les retours positifs des sportifs, qui donnent du sens à ce que nous faisons.
SBB : Quel conseil donneriez-vous à un entrepreneur souhaitant se lancer dans la sportech ?
B.G. : Le plus difficile dans l’entrepreneuriat, c’est de trouver le bon équilibre. Il faut à la fois être résilient et très déterminé, tout en restant humble et être capable de se remettre en question. C’est un mélange d’agilité, d’adaptation et d’entêtement : savoir quand il faut tenir bon, et quand il faut accepter de revoir sa copie.
« Le plus difficile dans l’entrepreneuriat, c’est de trouver le bon équilibre. Il faut à la fois être résilient et très déterminé, tout en restant humble et être capable de se remettre en question »
SBB : Si on élargit un peu la discussion, que pensez-vous de la dynamique actuelle de la sportech ? Est-ce un secteur compliqué pour entreprendre ?
B.G. : Dans la sportech, la principale difficulté, c’est que ces sujets sont encore souvent perçus, à tort, comme de niche en matière de financement. Le sport est pourtant devenu un véritable sujet de société, bien au-delà d’une simple activité secondaire. Cela rend le financement plus complexe, surtout comparé à d’autres secteurs comme la fintech, où lever des fonds est généralement plus simple. Le fait que des sportifs s’impliquent et accompagnent les entreprises du secteur est très important pour l’écosystème.