Rugby – « C’est inéluctable » : pourquoi le RC Toulon n’a plus le choix que de quitter Mayol

Crédits photo : @RCT

À 105 ans, le stade Mayol atteint ses limites. Pour Bernard Lemaître, président du club varois, un nouveau stade est devenu la clé de la survie économique du RC Toulon.

Le Rugby Club Toulonnais s’apprête peut-être à tourner une page historique. Dans un entretien accordé à L’Équipe, son président Bernard Lemaître a ouvertement évoqué la construction d’un nouveau stade, estimant que l’actuel stade Mayol n’est plus adapté aux exigences économiques du rugby professionnel moderne.

Depuis sa prise de contrôle totale du club en 2020, l’homme d’affaires de 87 ans affirme avoir injecté plus de 100 millions d’euros pour maintenir le RCT à flot. Si près d’un tiers de cette somme a été consacré aux infrastructures, notamment le Campus RCT, le reste a servi à combler un déficit d’exploitation structurel devenu récurrent. « Il faut se diriger vers la construction d’un nouveau stade, c’est inéluctable », tranche Bernard Lemaître auprès du quotidien sportif.

Un stade enclavé dans le centre-ville

Le constat est sans appel : inauguré en 1920 et enclavé en plein centre-ville, Mayol ne permet aucune diversification des revenus. Impossible d’y organiser concerts, événements ou séminaires, et les jours de match restent la seule source d’exploitation. Selon le président toulonnais, cette rigidité coûte entre cinq et dix millions d’euros par an, essentiellement sur le segment des hospitalités, soit précisément le montant qui manque au club pour équilibrer ses comptes.

 

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Le projet, surnommé en interne « Mayol 2 », viserait une enceinte moderne d’environ 20 000 places, contre 17 000 aujourd’hui, à l’horizon de cinq ans. Un site proche du stade actuel aurait déjà été identifié, sans être officiellement dévoilé. Bernard Lemaître souhaite faire de ce dossier un enjeu central des prochaines élections municipales, mettant en avant les limites sécuritaires et techniques de l’enceinte actuelle.

Au-delà de la performance sportive, le dirigeant assume une vision anglo-saxonne du rugby professionnel, où le stade devient un véritable outil de création de valeur. Cette modernisation apparaît aussi comme un préalable à la cession du club. Bernard Lemaître, qui reconnaît avoir refusé plusieurs offres jugées insuffisantes, sait qu’un RCT sans stade moderne reste difficilement valorisable sur le long terme.

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