Retour du magazine Maxi Basket : « On veut dépasser les 10 000 ventes »

Fous de basket, au point de ressusciter un magazine culte. Ils sont 5, comme sur un terrain, à avoir relancé le titre Maxi Basket, actif de 1982 à 2012. Pascal Legendre, propriétaire de la marque et conseiller à la rédaction, dévoile pour Sport Buzz Business les coulisses de ce nouveau départ.

Pascal Legendre est journaliste sportif depuis plus de 40 ans. Le basket a rythmé toute sa vie alors il n’a pas hésité longtemps à sortir de sa retraite pour participer au lancement du nouveau Maxi Basket en 2025.

À quoi ressemblaient le paysage médiatique et le basket français en 1982 ?

Il n’y avait plus de périodiques spécialisés. Il y en a eu dans les années 70, fait par le groupe L’Équipe. On avait estimé qu’à l’époque, le basket français méritait d’avoir une revue spécialisée comme ça existait en Italie, où il y en avait deux. C’était un peu notre repère. Il y en avait aussi en Espagne. Et ça a bien marché puisque l’histoire a duré 30 ans. Ce qui est beaucoup parce qu’on avait démarré vraiment à zéro, sans argent, avec très peu de connaissances sur le sujet.

Comme je dis souvent, le basket a évolué à la même vitesse que les médias. Le basket, en 1982, était encore amateur. Les joueurs n’étaient pas considérés comme des professionnels et il n’y avait pas de salariés dans les structures. Au grand maximum, c’était une secrétaire à mi-temps qui appartenait souvent à l’entreprise du président. Et le jeu, si on compare aujourd’hui, n’avait absolument rien à voir.

Pourquoi Maxi Basket disparaît en 2012 ?

Un problème de vente, tout simplement. Il y a eu une crise dans la presse papier et tout particulièrement dans les sports de balle. Nous, on avait cherché à se diversifier avec d’autres titres, mais en se diversifiant dans ce qu’on connaissait. C’est-à-dire les sports de balle : football américain, football, handball. Quand je vois ce qu’il s’est passé avec France Football par exemple, qui était quand même le navire amiral, qui existe toujours, mais sur une autre forme. Il y a eu Onze Mondial aussi, qui a été pris, repris. 

Qui est derrière le retour du titre l’année dernière ?

Le retour de Maxi Basket, c’est la volonté de Fabrice Auclert. Il a été propriétaire du site Basket USA, qui est l’un des principaux sites de sport en France. Après la vente de son site, il a racheté des titres de presse dans des domaines qui n’ont rien à voir avec le sport. C‘était un lecteur de Maxi. C’était un peu une Madeleine de Proust pour lui. C’est lui qui a eu la volonté de relancer Maxi Basket. 

Deux autres personnes sont avec nous. Yann Casseville, qui est l’ancien rédacteur en chef de Basket Le Mag (qui s’est arrêté en 2025), et Maxime Weber, qui était le propriétaire de Basket Europe, le site qui a été aussi vendu en même temps que Basket USA.

« Plus d’abonnés aujourd’hui qu’au lancement de Maxi Basket en 1982 »

Revenir sur le papier, à l’heure où tous les titres sont en difficulté, ça peut sembler dingue comme projet d’entreprise. Quelle est votre ambition ?

Pour donner un ordre d’idée, le pic pour Maxi Basket, première mouture, c’était en 1993 avec 50 000 ventes, dont la moitié d’abonnés. Ce sont des vrais chiffres. Aujourd’hui, on peut dire que c’est fait par des passionnés et le but est d’arriver à la rentabilité. On ne peut pas gagner beaucoup d’argent en faisant ça.

Le but, c’est de dépasser les 10 000 ventes. Sachant qu’on démarre à zéro à tout niveau et à commencer par les abonnés. Il y a eu un très bon départ puisqu’avant même le numéro 1, on a fait plus de 1 000 abonnés. En 1982, je m’en souviens, on en avait 800. Le noyau dur s’est précipité quand même tout de suite dessus. C’est pour ça qu’il faut faire attention aux comparaisons. Mais ça nous a donné beaucoup de baume au cœur. On veut dépasser les 10 000 ventes.

La marque est connue dans la sphère basket en France. Quel a été l’accueil de la Ligue ou de la Fédération ?

Très bon. La Ligue est née en 1987, après le lancement du magazine. Nous avons toujours de bons rapports. Et un très bon accueil aussi de la part du milieu, des gens en règle générale. On aurait pu trouver un autre titre mais on savait qu’on pouvait un peu titiller la nostalgie des gens qui avaient connu Maxi Basket, qui avaient au minimum 40 ans et qui sont en plus attachés au format papier. 

J’ai un exemple qui me vient en tête parce que c’est lui qui me l’a dit. L‘entraîneur du Mans, Guillaume Vizade, qui est un des entraîneurs les plus connus du basket français, m’a dit qu’il a quasiment découvert le basket à travers Maxi Basket.

Il y a beaucoup de gens comme ça aujourd’hui qui sont décideurs à différents niveaux. Et ça peut aider d’avoir une marque comme ça quand on sollicite de la publicité. 

Joint par Sport Buzz Business, Maxime Weber, à la tête de l’agence SW Medias, précise le modèle économique du magazine qui est disponible en version numérique et dans certains kiosques : « On ne fera pas de brèves en accès gratuit. Il y aura des articles issus du magazine avec un Paywall. On a très bien démarré en août-septembre. On a fait un bon mois de décembre avec des offres pour les fêtes de fin d’année. Sur la partie abonnement, il faut qu’on continue à ce rythme mais on est content. On est largement au-dessus de ce qu’on avait prévu. En kiosque, c’est mitigé. Nous avons repris la carte de ce qui fonctionnait encore plus ou moins bien, cela permet de faire connaître le titre, il n’y a pas qu’internet. »

 

À lire : Après plusieurs années d’absence, le magazine Maxi Basket revient en septembre 2025

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