La presse papier a encore de beaux jours devant elle, il en est convaincu. Dominique Busso, le patron de la société d’édition 360 Business Media, vient d’acquérir les droits d’un titre iconique fondé en 1954. Après avoir lancé la version française du Time il y a quelques semaines, il s’apprête à publier, d’ici l’été, le magazine Sports Illustrated en France, en Belgique, au Luxembourg, en Suisse et à Monaco.
Sport Buzz Business : Avant de parler de votre dernière acquisition, il faut parler d’un arrêt, celui de Forbes France. Pourquoi vous n’éditerez plus ce magazine ?
Dominique Busso : J’ai fait deux cycles de 5 ans de licence. J‘ai lancé entre-temps le magazine Oniriq (dédié au luxe, à la mode et à l’art), que j’ai créé de toutes pièces. J’ai lancé Time au mois de décembre et en 10 ans, j’ai beaucoup appris, j’ai passé de super moments avec Forbes France. Mais à un moment, je me suis dit que j’allais me concentrer sur Time, sur Oniriq qui est mon bébé et que je suis en train de déployer à l’international.
Je sais que j’avais des choses dans les cartons. Vous imaginez que ça ne s’est pas fait en 15 jours. Ça fait quelques mois que je négocie avec Sport Illustrated et je me dis que ça ferait un beau triptyque. C’était un beau cycle qui s’est terminé, un nouveau cycle annonce une continuité.
Le sport manquait aux thématiques que vous couvrez ?
Effectivement, je couvrais tout ce qui est économie, sociétal, luxe, mode, art, lifestyle avec ces autres magazines. Et je n’avais encore jamais touché à la verticale sport qui m’est chère parce que tout jeune, j’ai fait un peu de compétition. Et c’est vrai que pouvoir toucher à ça, rassembler une passion ancienne de jeunesse avec mon métier actuel dans les médias, c’était plutôt alléchant, sachant que le sport prend de plus en plus une place prépondérante dans notre société, dans notre culture.
Vous croyez donc encore au papier ?
Quand on est dans la presse papier, il faut être précis, c’est-à-dire que la vente de papier est en déclin. C’est une chose, c’est indéniable. Il y a de moins en moins de points de vente. Néanmoins, si on est capable de faire de beaux produits, et c’est ce que j’ai toujours essayé de faire avec ma ligne de papier de qualité, des couvertures qui se tiennent. Si on est capable de faire des beaux produits, il y a une place pour des bons produits avec des marques qui sont fortes. J’y crois et j’y crois toujours.

Pourquoi avoir fait le choix de racheter une licence avec un nom connu plutôt que de démarrer de zéro avec un nouveau titre sur le marché français ?
C’est plus rapide de se lancer avec une marque connue, reconnue, iconique, comme l’est Sports Illustrated depuis 70 ans. J’ai retrouvé dans mes archives récemment un numéro que j’avais acheté en 1999 aux États-Unis. Vous voyez, ça a nourri et bercé mon enfance.
Et puis en fait, la vie est faite de rencontres. J’étais en réflexion pendant l’été et puis j’ai rencontré le propriétaire actuel de Sports Illustrated, Jamie Salter qui dirige Authentic Brands Group. On a discuté et puis on a rapidement matché. Ma vision 360 degrés des médias lui a fortement plu. Les choses se sont faites assez rapidement pour une licence. Quelques mois, c’est quand même très rapide.
Les Américains auront un droit de regard sur votre contenu ?
Ce qui est prévu, c’est qu’il y ait un binôme qui va s’établir entre mon rédacteur en chef à venir et les équipes éditoriales américaines parce qu’ils sont garants de la marque, de la qualité, de l’ADN du magazine et on a besoin d’être accompagné pour ce lancement par l’équipe américaine. On va travailler en étroite collaboration comme c’est le cas pour Time France.
Il existe d’autres déclinaisons dans le monde du magazine ?
Oui, au Mexique et en Allemagne uniquement.
Quelle est la suite après cette acquisition ?
J’ai reçu, comme d’habitude, des tonnes de CV de journalistes. Je suis en train de monter les équipes. Je ne voulais pas commencer avant l’officialisation.
L’Equipe va fêter son 80ème anniversaire, qu’est ce que ça vous inspire ?
Je veux vraiment explorer les trois composantes : c’est-à-dire le print, avec un print de qualité trimestrielle, avec des enquêtes de fond, des dossiers, des portraits. On va parler de tout ce qui gravite autour de l’écosystème du sport en France et en francophonie. Un beau magazine, un beau produit, un « coffee table magazine ». Une version digitale avec les réseaux sociaux qui vont bien. On va aussi explorer la vidéo. Et à ne pas négliger, la partie événementielle et expérientielle.
Mon groupe s’appelle 360 Business Media, et comme son nom l’indique, un média au 21ème siècle ne peut vivre que par une composante 360 degrés. Il ne faut négliger aucun pan. Et pour moi, l’événementiel est un pan très important. C’est là où on rencontre les lecteurs et les acteurs.
Savez vous à quel tarif le magazine sera vendu ?
Non, c’est un peu trop tôt. C’est un défi, une belle aventure, une belle marque. A moi de la décliner proprement en France, comme j’ai pu le faire pour d’autres marques. Si on fait un bon travail, les lecteurs suivront ainsi que les annonceurs.
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