Le géant américain Live Nation s’apprête à racheter Paris La Défense Arena, a-t-on appris ce mardi 6 janvier. Une opération stratégique inattendue qui redessine l’avenir du Racing 92 et confirme la montée en puissance du modèle arenas en Europe.
C’est un mouvement stratégique majeur pour l’écosystème du sport et du divertissement français. Le leader mondial du spectacle vivant Live Nation a signé un accord pour acquérir Paris La Défense Arena, la plus grande salle couverte d’Europe, jusqu’ici détenue par la holding Ovalto de Jacky Lorenzetti.
Le montant de la transaction n’a pas été officiellement communiqué, mais plusieurs sources évoquent une valorisation avoisinant les 600 millions d’euros. La finalisation reste toutefois conditionnée à l’aval de l’Autorité de la concurrence, un processus qui pourrait s’étaler sur plusieurs mois.
Une Arena de plus en plus tournée vers l’entertainment
Inaugurée en 2017 avec les Rolling Stones, Paris La Défense Arena a progressivement affirmé son positionnement hybride, mêlant sport de haut niveau et spectacles XXL. Après une montée en puissance freinée par la crise sanitaire, l’équipement affiche aujourd’hui un modèle économique solide : jusqu’à 45 000 places, 339 événements organisés depuis l’ouverture et près de 90 dates prévues sur la seule saison 2025-2026, dont environ un tiers de concerts.
Live Nation, qui y a déjà produit de nombreux artistes internationaux (Dua Lipa, Kendrick Lamar, Post Malone ou Chris Brown), voit dans cette acquisition « une opportunité de business », selon les mots d’Angelo Gopee, directeur général de Live Nation France, cités par Le Parisien. L’objectif est clair : accueillir davantage de concerts toute l’année et optimiser l’outil grâce à des investissements techniques permettant de réduire les temps de montage et démontage.
Quel avenir pour le Racing 92 ?
Ce rachat acte aussi un changement profond pour Racing 92. Club résident depuis 2017, le Racing a déjà amorcé son retrait progressif de Nanterre. Faute de disponibilité de l’Arena – occupée par les Jeux olympiques en 2024 puis par le Rolex Paris Masters dès 2025 – le club francilien a multiplié les matches délocalisés à Créteil.
Comme l’expliquait Rugbyrama, le retour au stade Yves-du-Manoir de Colombes, actuellement en travaux, est programmé pour la saison 2027-2028. Paris La Défense Arena ne devrait alors plus accueillir que quelques affiches « premium », laissant le champ libre à une programmation majoritairement musicale.
Un signal fort pour le marché français
Avec cette acquisition, Live Nation devient propriétaire de sa première grande salle en France, un marché historiquement dominé par des équipements publics en délégation de service. Le groupe américain rejoint ainsi un cercle très restreint d’opérateurs privés, aux côtés de la LDLC Arena à Lyon ou du Stade de France.
« La plus grande salle d’Europe reprise par le leader mondial de l’entertainment, c’est extrêmement prometteur », s’est réjoui Frédéric Longuépée, président de la Paris La Défense Arena, dans des propos relayés par Le Parisien. Derrière cette opération, c’est tout un modèle qui s’affirme : celui d’arenas pensées comme des plateformes économiques globales, où le sport n’est plus l’activité centrale mais l’un des leviers d’attractivité parmi d’autres.
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