La chaîne irlandaise ITV a diffusé une publicité en plein jeu lors de France-Irlande. Une première dans le Six Nations qui relance le débat sur la monétisation du rugby et l’expérience fans.
Jeudi, lors du match d’ouverture Tournoi des Six Nations entre la France et l’Irlande (36-14), le diffuseur britannique ITV a innové… et déclenché une vive controverse.
À la 16e minute, pendant la préparation d’une mêlée, la chaîne a scindé l’écran en deux pour diffuser une publicité avec le son, tout en maintenant l’image du match. Une première dans l’histoire du Tournoi, autorisée une fois par mi-temps au Royaume-Uni, et justifiée par les organisateurs comme un moyen de préserver une diffusion gratuite de la compétition.
La grosse polémique en Irlande avec la chaîne ITV qui montrera une pub par mi-temps durant une phase de jeu d’un match durant le Six Nations 2026, ici durant une mêlée lors de France-Irlande.
Va-t-on bientôt avoir ça en France ? 🫢pic.twitter.com/X7510lffgf
— Gauthier Baudin (@GauthierBaudin) February 6, 2026
Pour Christophe Lepetit, économiste du sport au CDES Limoges, cette pratique vise clairement à maximiser la valeur des écrans. « Le reach est sensiblement augmenté puisque les fans, plongés dans la rencontre, ne profitent pas des écrans pub pour aller au frigo ou zapper », écrit-il dans un post LinkedIn. Selon lui, ces spots sont probablement vendus plus cher que les formats classiques d’avant-match ou de mi-temps, dans un contexte de droits sportifs toujours plus coûteux.
Vers une fan expérience altérée ?
Mais l’expert alerte aussi sur l’impact pour les supporters : « Ces écrans risquent d’altérer sérieusement la fan expérience » et participent à une financiarisation croissante du spectacle sportif.
En France, cette pratique reste interdite. Le cadre réglementaire impose une séparation nette entre programme et publicité, ce qui empêche France Télévisions et TF1 d’y recourir. Reste que le débat est lancé. Christophe Lepetit rappelle que le sujet a déjà été évoqué au Parlement et estime que d’autres instances pourraient suivre cette voie, citant notamment FIFA pour de futures compétitions. M6 pense d’ailleurs à diffuser des publicités pendant les pauses fraîcheur de la Coupe du monde de football 2026.
Entre besoin de rentabilité des diffuseurs et préservation de l’expérience fans, la publicité « en live » pose une question centrale : jusqu’où peut aller la monétisation du sport sans en dénaturer l’essence ? L’avenir nous le dira.
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