Le Meeting d’Hiver de Paris-Vincennes s’est achevé après quatre mois de compétition. Au-delà du bilan sportif, la Société d’Encouragement à l’Élevage du Trotteur Français (SETF) dresse un bilan global marqué par une hausse de la fréquentation et une visibilité médiatique renforcée. Porté notamment par la création du Prix d’Amérique Festival, l’événement a attiré davantage de spectateurs que l’an passé, sans pour autant enrayer la baisse des paris hippiques.
Plus de spectateurs dans les tribunes, mais moins de paris. De novembre 2025 à février 2026, le Meeting d’Hiver de l’hippodrome de Paris-Vincennes a rythmé la saison avec 87 réunions et 733 courses disputées. Sur le plan sportif, deux circuits internationaux majeurs ont structuré la saison : les Amérique Races, au trot attelé, et les Cornulier Races, au trot monté. Au total, 41 millions d’euros d’allocations ont été distribués, soit une hausse de 1,81 % par rapport à la saison précédente.
« Les Cornulier Races, qui vivaient leur quatrième saison, sont désormais pleinement installées comme un temps fort de l’hiver, avec une marque dédiée et une attractivité renforcée. Pour leur sixième édition, les Amérique Races ont confirmé leur montée en puissance médiatique et populaire », souligne la Société d’Encouragement à l’Élevage du Trotteur Français (SETF)
Une fréquentation toujours en hausse
Malgré une météo particulièrement pluvieuse cet hiver, la fréquentation a progressé. L’hippodrome de Paris-Vincennes a accueilli 225 000 spectateurs sur l’ensemble du Meeting, soit une hausse de 3 % par rapport à la saison 2024-2025 et de 28 % par rapport à 2023-2024. « Quand on dit qu’il n’y a pas de monde dans les hippodromes, c’est faux », martèle Valérie François, directrice du marketing de la SETF. « Nous sommes sur une moyenne de 10 500 personnes le dimanche. La date qui nous interroge vraiment est celle qui suit le Nouvel An, où seulement 3 500 personnes sont venues à Paris-Vincennes. »
Les dimanches concentrent l’essentiel de cette affluence, avec une moyenne d’environ 10 500 personnes. Cette progression s’inscrit dans une volonté assumée de moderniser l’image des courses et d’attirer un public plus jeune et plus diversifié. Depuis plusieurs années, la SETF développe une stratégie événementielle destinée à rendre les courses plus accessibles à des spectateurs peu familiers de l’univers hippique.
Le Prix d’Amérique Festival, vitrine du Meeting
Temps fort de la saison, le Prix d’Amérique a franchi une nouvelle étape avec la création du Prix d’Amérique Festival, un format étendu mêlant sport et spectacle. « On a dit qu’on allait travailler sur trois jours pour mettre en avant les autres journées de courses. Tous les événements sportifs ont muté. On est dans un marché sur lequel l’expérience prime pour faire converger spectacle vivant et compétition », indique Valérie François.
La programmation artistique, marquée notamment par un concert du rappeur Gims, a contribué à élargir le public cette année. Cette nouvelle formule s’inscrit dans une tendance observée dans les grands événements sportifs internationaux, qui associent désormais compétition et divertissement afin d’élargir leur audience. Sur les trois jours de l’événement, 55 000 spectateurs se sont déplacés à Vincennes.
« Le dimanche du Prix d’Amérique a affiché une affluence jamais atteinte depuis l’ère Ourasi », indique la SETF
Les indicateurs semblent confirmer cette stratégie. Le Prix d’Amérique Festival a généré :
+11 % de retombées médiatiques en France
+30 % de retombées internationales
+43 % de croissance sur la restauration et les hospitalités
Au-delà du seul week-end du Prix d’Amérique, le Meeting d’Hiver a été structuré autour de quatre grandes thématiques mensuelles : Fêtes des Régions, Noël à cheval, La Folie Douce et Fêtes du Monde. Une segmentation en quatre temps forts visant à diversifier les publics. Les animations familiales ont notamment marqué la période des fêtes, alors que les soirées festives et musicales ont permis d’attirer davantage de jeunes adultes.
La collaboration renforcée avec La Folie Douce illustre cette orientation. En transformant certaines réunions en véritables expériences festives et immersives, la SETF cherche à moderniser l’image des courses et à renforcer leur visibilité médiatique. D’autres initiatives, comme les visites du centre d’entraînement de Grosbois ou le Trophy Tour, ont également contribué à ouvrir l’univers du trot à un public plus large.
Une visibilité médiatique en forte progression mais des paris toujours en recul
La SETF met également en avant une visibilité médiatique et digitale en nette progression, y compris à l’international. Le Meeting d’Hiver a généré plus de 1 000 retombées médias, tandis que les contenus diffusés sur les réseaux sociaux ont cumulé 150 millions de vues organiques. Sur le plan digital, le site letrot.com a enregistré 74 millions de pages vues durant la période. Les courses ont par ailleurs bénéficié d’une diffusion télévisée dans 36 pays, contribuant à renforcer l’exposition internationale du trot français.
Malgré ces indicateurs positifs en matière de fréquentation et d’image, un point reste préoccupant pour la filière : la baisse des enjeux. Les paris enregistrés par le PMU lors du Meeting d’Hiver ont dépassé le milliard d’euros, mais affichent néanmoins un recul de 3,2 % par rapport à l’année précédente. Un paradoxe persiste donc pour le secteur : les spectateurs sont plus nombreux à Vincennes, mais le nombre de paris continue de diminuer, alors que ces enjeux constituent le principal moteur économique de l’hippisme.