Interview : Alix Collombon, numéro 1 française padel – « Il faut entre 45 et 50 000 euros de budget sur une saison »

Credit : World Padel Tour

 

En marge du Greenweez Paris Major 2023, la première joueuse française de padel, Alix Collombon s’est confiée sur son statut professionnel et le développement du sport. 

Il est 19h. Alix Collombon se trouve dans la grande boutique (vide) de Roland Garros. Le temps d’une semaine, RG laisse ainsi place au padel. Depuis lundi donc, un gros accent espagnol a envahi les allées de la Porte d’Auteuil. Chez nos voisins, de l’autre côté des Pyrénées, le padel est devenu une véritable religion. Les meilleurs joueurs du monde sont espagnols.

Alix, elle, est bien française et c’est avec le sourire qu’elle nous parle de l’évolution de son sport et nous explique comment une joueuse de son niveau gagne sa vie.

Sport Buzz Business : Quel est votre classement actuel et depuis combien de temps êtes-vous joueuse de padel professionnel ?

AC : Je suis numéro 1 française et au classement mondial je suis numéro 23 cette semaine, ou 24… Non, c’est 24 je crois. Je suis arrivé il y a 6 ans à Barcelone pour me dédier totalement à ça et je me retrouve à joueur à Roland Garros 6 ans après. L’histoire est belle !

SBB : Quel est le budget nécessaire pour une joueuse de votre niveau pour une saison ?

AC : Il a bien augmenté par rapport à il y a 6 ans. Aujourd’hui, on a des voyages beaucoup plus long, on change de continent beaucoup plus souvent. Donc, aujourd’hui, pour une saison il faut avoir un budget entre 45 et 50 000 euros je pense.

SBB : Et il y a 6 ans ? 

AC : Il y a 6 ans, je pense qu’on pouvait s’en sortir avec 25 000 euros parce que c’était principalement en Espagne, il y avait peu de déplacements chers…

« La FFT m’aide et c’est sympa de pouvoir compter sur ça ! »

Alix Collombon sur les murs de la grande boutique de Roland Garros. Credit : Spor tBuz zBusiness

SBB : Quelles sont vos sources de revenus en tant que joueuse professionnelle ?

A. C. : Mes sources de revenus principales, ce sont les sponsors. Après, il y a aussi les prize money mais sans les sponsors aujourd’hui, on vivrait difficilement, nous les joueurs et joueuses. Ça fait partie intégrante de nos budgets. Comme je le disais, aujourd’hui c’est beaucoup plus facile d’aller chercher les sponsors qu’il y a 6 ans. Depuis qu’il y a les médias, depuis qu’il y a Canal+, on sent qu’on est beaucoup plus considéré et c’est normal parce qu’on a beaucoup plus de visibilité. C’est intéressant de voir l’évolution du sport à ce niveau-là aussi.

SBB : Qui sont vos principaux partenaires cette saison ? 

A. C. : Je suis chez Wilson, c’est mon sponsor raquette et textile (contrat financier + produit). J’ai également Cupra, donc j’ai une voiture à disposition et aussi un contrat financier. J’ai une agence immobilière, IAD France. Je suis aussi avec une société lyonnaise, DBP Mayet, parce que je suis de Lyon. J’ai Padel Nuestro qui est un site « online » de vente d’équipement de padel. J’ai la FFT qui m’aide et c’est sympa de pouvoir compter sur ça aussi.

https://twitter.com/WilsonPadelES/status/1356699144832880642

« Le padel aux JO ? Le rêve ultime ! »

SBB : Avec quel modèle de raquette jouez-vous ? Combien de « pala » vous fournit Wilson chaque saison ?

AC : Je joue avec la Wilson Blade Pro, noir et verte. C’est une très bonne raquette. Elle allie bien contrôle et puissance et pour une fille je trouve qu’elle est top. Je joue avec depuis cette année et je suis très contente. Concernant le nombre de raquettes, franchement, c’est selon mes envies. Pour vous donnez un ordre idée, j’aime changer mes raquettes toutes les 3 semaines, 1 mois, parce que ça perd en rendement et en punch. Donc, on est à une raquette par mois ou un peu plus, ça fait 12 ou 15 dans l’année. Sur un tournoi, j’aime bien garder la même et avoir mes réglages…

SBB : Concernant le sponsoring, comment gérez-vous ces aspects ? 

AC : J’ai une agence qui s’appelle T&T Padel qui s’occupe de ça. Il y a une partie avocat pour gérer les contrats. Ce sont eux qui s’occupent de tout ça. Moi, j’ai juste à donner mon « oui » (rires) Evidemment, on en parle avant de signer mais je ne m’occupe de rien.

SBB : Quel est le sponsor dont vous rêvez d’avoir ?

AC : Un sponsor de rêve… Alors ça, c’est une bonne question, j’y ai jamais réfléchi. Euh non, j’ai pas de sponsor de rêve. (Elle réfléchit) Ah si ! Le sponsor de rêve ça serait Rolex ! Parce que ça représente Federer, ça représente la classe… Ça, c’est vraiment un sponsor de rêve pour le coup !

« Le padel, c’est un sport très accessible, très ludique »

SBB : Un mot sur la fusion des 2 circuits et le rachat du World Padel Tour par Premier Padel ?

AC : On est très heureux de l’unification de ces 2 circuits parce que, très honnêtement, jouer sur 2 circuits cette année ça fait 35 ou 36 tournois dans l’année. Les corps sont mis à dure épreuve. Mais je suis très contente évidemment, parce que ça va être plus cadré, il va y avoir plus de temps pour s’entraîner. Alors certes, on va peut-être voyager un peu plus, l’idée c’est qu’il y ait une expansion un peu plus grande à chaque fois et qu’on puisse jouer dans plus de pays et ça, c’est bien. Ça veut dire que le sport évolue et c’est cool ! Très contente par rapport à ça et même pour les gens qui suivent, ça devenait compliqué d’avoir deux classements… Ça faisait « sport pas sérieux » et je pense que c’était le premier pas à passer pour espérer être un sport olympique, en tout cas c’est l’objectif.

SBB : Vous en rêvez ? 

AC : Ça serait le rêve ultime ! Bon, faut qu’ils se dépêchent parce que j’ai déjà 30 ans (rires). Pour Paris c’est mort, pour le prochain c’est mort aussi mais pour 2032 pourquoi pas. En tout cas, c’est clairement l’objectif de la FIP (Fédération Internationale de Padel) d’être aux JO et ça serait exceptionnel pour ce sport mais il y a encore du boulot à faire. Et d’unifier tout ça, ça en faisait partie pour rendre les choses un peu plus crédibles, un peu plus professionnelles.

SBB : Comme vous l’avez dit, le padel évolue. C’est un sport de plus en plus pratiqué et suivit, notamment en France. Pourquoi à votre avis ? 

AC : Je pense que c’est un sport très accessible, très ludique. On s’amuse très vite même si on a jamais fait de sport de raquette, on progresse vite et on va vite s’éclater. On est dans une société de consommation où on aime tout avoir, tout de suite. Je pense que ce sport rentre parfaitement dans cette lignée parce qu’on va vite s’amuser. C’est très convivial. La petite bière après le match, ça fait partie du jeu. Le plus gros point fort, c’est l’accessibilité et même si on a jamais fait de sport de raquette ou de tennis, on va très vite s’amuser et progresser. Je pense que ça, c’est super intéressant.

 

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