En plein essor en France, l’Hyrox prend place au Grand Palais à Paris pendant cinq jours. Christian Toetzke, cofondateur de cette nouvelle discipline-marque, voit en Paris et en France un marché plein de promesses. Au-delà des ambitions nationales, l’Hyrox pourrait même viser les Jeux olympiques.
Un écrin à la hauteur de ses ambitions. Pour la deuxième année consécutive, l’Hyrox s’est installé sous la mythique verrière du Grand Palais. À Paris, du 23 au 27 avril 2026, les athlètes se succèdent dans des compétitions en solo, en duo ou en relais, dans une ambiance unique propre à l’Hyrox. Pour cette édition 2026, la discipline, qui mêle fitness et course à pied, accueille sur cinq jours 20 000 coureurs professionnels et amateurs, soit 8 000 de plus que lors de la première édition au Grand Palais.
« Nous avons un second événement à Paris (Porte de Versailles), mais c’est une organisation plus classique. Ici, c’est un lieu spécial. C’est vraiment génial : le travail, l’ambiance, les athlètes… tout ça avec beaucoup d’intensité et de bons moments », souligne Christian Toetzke, cofondateur de l’Hyrox avec Moritz Fürste, présent au Grand Palais.
La France, nouveau marché XXL de l’Hyrox ?
L’Allemand voit la France comme l’un des marchés les plus intéressants, « au même titre que les États-Unis et le Royaume-Uni ».
« En France, il y a une vraie opportunité de développer ce concept, de créer des événements, de rassembler les gens. C’est une expérience, presque comme une exposition ou une compétition sportive classique. On pense déjà aux prochaines courses. L’idée, c’est de progresser et de faire revenir un public encore plus nombreux », espère Christian Toetzke.
Une vingtaine d’événements sont à prévoir en France et « chaque événement se veut le plus grand possible ». « Nous faisons en sorte qu’il y ait de plus en plus d’événements et qu’ils soient de plus en plus longs pour accueillir un maximum de personnes. »
« C’est un concept marketing fort, qui fonctionne dans tous les pays, pas seulement dans le sport. Comme le football à Paris, ça peut devenir une tendance », Christian Toetzke
Avec le Grand Palais, l’Hyrox dispose d’un lieu idéal pour briller et se faire remarquer. Petit à petit, depuis 2017, le marché s’étend, notamment en dehors de l’Europe et des États-Unis. « On s’ouvre à d’autres marchés, comme le Japon ce week-end, la Chine et bientôt l’Inde. C’est assez impressionnant : ce sport fonctionne avec différentes cultures, sur différents marchés. Les gens se mettent au fitness », se réjouit le cofondateur.
Un sport accessible à tous selon le fondateur
La recette du succès, encore naissant, de l’Hyrox réside sans doute dans son accessibilité. « Le fitness est le sport le plus pratiqué au monde, devant le football, le golf ou encore le tennis. On veut toucher tout le monde : enfants, adultes, débutants. Ce n’est pas une question de niveau, mais de participation. Même une ou deux séances par semaine suffisent pour performer. »

« Aujourd’hui, les gens cherchent à s’entraîner différemment, à vivre des expériences sportives. C’est ça l’objectif : rendre le sport plus accessible, plus fun, plus collectif. »
Tout cela a cependant un prix : dans les faits, l’Hyrox est majoritairement pratiqué par des catégories socioprofessionnelles supérieures (CSP+). Pour participer aux compétitions, les tarifs varient mais dépassent toujours les 100 euros.
Le fondateur réfute toutefois l’idée d’un sport onéreux :
« C’est assez économique comme discipline. Vous n’avez pas besoin de grand-chose comparé à d’autres sports où les équipements sont coûteux. Avec l’Hyrox, des baskets et un short suffisent. »
Des sponsors en nombre
Si l’événement attire cette année 20 000 coureurs sur cinq jours, le Grand Palais accueille encore davantage de visiteurs.
« Même si vous ne participez pas, c’est comme un festival. Vous pouvez venir voir vos amis, votre famille », rappelle un organisateur.
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Des shows son et lumière, des animations, rythment la compétition. Autour de la piste et des huit stations, le public encourage les participants avec un speakeur. Des stands, de nourriture et de boisson, sont également installés au plus près des sportifs et à l’étage.
C’est toute l’économie du fitness qui se retrouve lors de ces journées Hyrox : vente de protéines, de vêtements sportifs, de montres connectées, salles de sport… mais aussi des marques en quête de nouveaux publics, comme Maybelline New York, sponsor naming de cette édition 2026.
Vers une destinée olympique ?
Dans une volonté de modernisation, les Jeux olympiques ont récemment intégré des disciplines moins conventionnelles. L’escalade, le surf ou encore le breaking ont fait leur apparition à Tokyo (2020) puis à Paris (2024). À Los Angeles en 2028, le cricket (Twenty20), la crosse (6×6), le flag football et le squash feront leur entrée. Dans ce contexte, l’Hyrox pourrait-il jouer sa carte pour les Jeux de Brisbane en 2032 en Australie ?
« Être aux JO serait un rêve », reconnaît Christian Toetzke
Le jeune sport doit tendre vers un carractère universel et se faire connaître d’un plus grand nombre. « On a des arguments : c’est un sport populaire dans plusieurs pays, adaptable à différents lieux, et très télévisuel, avec un final spectaculaire », conclut-il avec ambition.