Interview – Entreprendre dans le sport : Jordan Simon-Chopard, Fondateur de l’agence JumpStart Studio

 

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Passionné de sport et notamment de tennis, Jordan Simon-Chopard dirige aujourd’hui l’agence JumpStart Studio.

Après de nombreuses expériences en tant qu’indépendant, il saute le pas et décide de s’entourer pour continuer à développer ses activités. Pour en savoir plus sur son aventure entrepreneuriale, nous lui avons posé quelques questions.

Sport Buzz Business : Pouvez-vous nous présenter JumpStart Studio ? Quand avez-vous lancé la société ?

Jordan Simon-Chopard : JumpStart Studio est une agence Social Media de création de contenus que j’ai lancée en avril 2021. On vient de souffler notre deuxième bougie. Nous sommes spécialisés dans la création de contenus vidéos et photos ainsi que la gestion des réseaux sociaux des professionnels du sport et du divertissement.

Cette entreprise est en réalité la continuité de mon activité de freelance que j’ai eu pendant 2 ans. J’ai eu la chance de rapidement travailler sur un bel événement sportif comme l’EuroVolley 2019 en tant que créateur de contenu.

Après une belle croissance en indépendant, j’ai pris la décision de m’entourer en recrutant une, deux, trois… puis huit personnes. Aujourd’hui, nous sommes une équipe de 8 personnes à travailler au quotidien pour des clients comme la Ligue Nationale de Handball, Viatris, Keneo, Territoires d’Événements Sportifs, Rubix, Nouvelles Galeries d’Annecy et d’autres.

Nous sommes organisés en deux pôles : le Pôle Contenus pour la production vidéo, photo, motion design, timelapse, podcast, et le Pôle Social Media pour le community management.

La chose la plus importante à mes yeux, c’est de garder les valeurs qui me tiennent à cœur : la bonne humeur, la transparence, la créativité et la fidélité. La plupart des clients que JumpStart Studio a aujourd’hui, sont des clients que j’avais quand j’étais freelance, et c’est l’une des choses dont je suis le plus fier. Cela veut dire que même si l’entreprise a beaucoup évolué, nos clients continuent à nous faire confiance.

« J’ai un parcours plutôt atypique car je ne connaissais pas le monde des agences avant d’en créer une »

SBB : Qui se cache derrière JumpStart Studio ? Quel est votre parcours ? Combien d’associés êtes-vous ?

JSC : Et bien, c’est moi ! Jordan Simon-Chopard, j’ai 29 ans, j’ai un parcours plutôt atypique car je ne connaissais pas le monde des agences avant d’en créer une. Après des études aux Etats-Unis, j’ai commencé ma carrière professionnelle en alternance dans un laboratoire pharmaceutique puis j’ai été embauché pendant 2 ans en tant que Chargé de Communication Europe.

En parallèle de mon travail, j’ai créé et animé une chaîne YouTube autour du sport (Passion Sport) dont le principe était de faire découvrir des sports que nous n’avions pas l’habitude de voir dans les médias traditionnels. J’ai beaucoup appris sur le terrain.

Après cela, j’ai réalisé un projet personnel de voyage pendant quelques mois avant de rentrer et de me lancer en tant qu’indépendant. Depuis 2019, je suis donc le gérant de JumpStart Studio. Pour l’instant, je n’ai pas d’associé mais c’est quelque chose qui est dans les tuyaux pour la fin de l’année.

SBB : Quel est le point de départ de cette aventure entrepreneuriale, le constat, les motivations… ?

JSC : Depuis toujours, j’ai voulu entreprendre. Déjà, à 17 ans, j’ai créé un site internet d’actualité sur le tennis qui s’appelait Service Gagnant. J’ai réalisé le site moi même sur WordPress et j’écrivais des articles d’actualité et de fond sur le tennis. D’abord tout seul, puis avec une équipe de rédacteurs qui m’accompagnait.

Le déclic a été lors de projet personnel, j’ai réalisé que je voulais devenir indépendant et que je voulais développer ma propre activité, d’ailleurs j’étais plutôt parti pour rester seul au début. La seule chose dont j’étais certain, c’était que j’avais envie d’allier mon travail avec l’une de mes passions pour le sport ou la vidéo. Finalement, les opportunités se sont présentées à moi un peu par hasard, et j’ai su les saisir. Maintenant, j’allie même ces trois passions donc c’est que du bonheur.

Après 2 années en indépendant, le fameux moment que tout le monde redoute est arrivé : dire non à certains projets et rester seul, ou dire oui et s’entourer. J’ai pris ce chemin car ceux qui me connaissent savent que j’ai du mal à dire non ! Aussi, je trouvais ça dommage de rater certaines expériences ou certains projets hyper enrichissants. C’est à ce moment-là que JumpStart Studio est né.

« Notre objectif est de dépasser 1 million d’euros de chiffre d’affaires en 2025 »

SBB : Un mot sur le développement et la croissance de JumpStart Studio, comment gère-t-on au quotidien les appels d’offres, les recrutements, l’aménagement de locaux, … ? Est-ce une partie de votre métier que vous aimez ?

JSC : C’est vrai que mon quotidien a beaucoup changé et il est encore en train d’évoluer. Jusqu’à il y a pas si longtemps, j’étais encore énormément dans l’opérationnel et je n’avais pas forcément le temps pour de la prospection ou pour des appels d’offres.

Depuis septembre, je me suis entouré d’un Responsable Développement qui s’occupe maintenant de toute cette partie pour JumpStart Studio. On ne va pas se mentir, mon point fort, c’est d’être proche de l’opérationnel donc il faut savoir déléguer sur certains sujets et s’entourer de personnes plus spécialisées car on ne peut pas tout faire et on ne peut pas tout maîtriser.

Toute la partie RH et management est une chose que je découvre car je n’ai jamais été manager jusqu’à présent et j’avoue que ce n’est pas évident. Il faut trouver son style et je n’ai pas encore toutes les clés. Je pense être quelqu’un de bienveillant et il m’est arrivé de passer quelques nuits compliquées à cause de ce sujet. La chose positive c’est que j’ai beaucoup appris depuis le début et que je sens que j’enfile petit à petit mon nouveau costume.

Le recrutement est quelque chose de très difficile également, surtout pour une jeune structure comme la mienne, il faut vraiment avoir le nez fin pour trouver les bons profils qui vont vouloir s’impliquer dans ce projet naissant.

SBB : Comment vous démarquez-vous par rapport à vos concurrents ?

JSC : On essaye de se démarquer par différents leviers, d’abord notre réactivité. Tous les gens qui travaillent avec nous disent que c’est notre gros point fort. On est très flexible et très réactif. Un autre point, c’est la transparence. Contrairement à d’autres agences, si on ne sait pas faire quelque chose, on le dit. Si on a des difficultés sur un délai, on le dit. Pour moi, la communication est l’élément essentiel dans une relation client-prestataire.

Dernier point, la fluidité. C’est le retour qui revient souvent, la collaboration avec JumpStart Studio est fluide. Il n’y a pas de prise de tête et on trouve toujours des solutions même dans les situations les plus périlleuses.

Je pense aussi que notre rapport qualité-prix est intéressant pour nos clients mais ils seront mieux placés que moi pour vous en parler. Je ne suis pas très objectif sur ce sujet !

« Après 2 années en indépendant, le fameux moment que tout le monde redoute est arrivé : dire non à certains projets et rester seul, ou dire oui et s’entourer »

SBB : Quel est votre positionnement et à quel type d’entreprise vous adressez-vous ?

JSC : Jusqu’à présent, on essayait d’aborder tout type d’entreprise sans forcément avoir un réel positionnement. Depuis le mois de mai, on a décidé de prendre le virage stratégique de nous spécialiser là où on est spécialiste : le sport et le divertissement. Cela fait sens car c’est dans ces secteurs d’activités que se trouvent la plupart de nos clients et c’est aussi ces secteurs qui nous passionnent le plus.

Bien sûr, on continuera de travailler avec des entreprises d’autres secteurs si on nous approche mais commercialement, nous allons nous concentrer dans ces domaines. L’idée étant de nous développer auprès des marques de sports, des ayants-droits, des institutions ainsi que des sponsors et des professionnels du divertissement.

Nos points forts de la réactivité et de la polyvalence sont très importants pour les entreprises du sport notamment. Avec une petite équipe comme la nôtre, on peut faire beaucoup de choses sympa !

SBB : Quel chiffre d’affaires prévoyez-vous à 3-5 ans ?

JSC : Nous avons un objectif pour 2025 qui est de dépasser 1 million d’euros de chiffre d’affaires. Pour l’instant, nous n’avons pas construit notre stratégie au-delà de cette date mais tout ce que nous construisons est prévu pour perdurer après 2025, bien sûr.

SBB : Comment avez-vous débuté d’un point de vue financier ?

JSC : Les débuts de l’entreprise d’un point de vue financier sont très positifs, nos deux premiers bilans sont en bénéfice. En 2022, nous avons atteint les 380 000€ de chiffres d’affaires après un an et demi d’existence. Le plus important à mes yeux est que même si nos charges augmentent, on arrive à garder un prix cohérent et compétitif.

D’un point de vue financier, tout notre développement se fait sur fonds propres. Tout l’investissement de départ s’est fait sur mes fonds personnels ou avec du matériel que je possédais déjà. Il n’y a pas eu la moindre levée de fonds et ce n’est pas dans les tuyaux. Je vois le développement d’une entreprise comme quelque chose qui doit se faire naturellement. Il faut se construire nos moyens au fur et à mesure.

« Roland-Garros ? C’est le plus gros projet à date pour JumpStart Studio »

SBB : Qui sont vos clients aujourd’hui et quel a été le premier à vous faire confiance ?

JSC : Aujourd’hui, nous avons différents clients dans différents secteurs d’activités, j’en ai déjà cité quelques-uns. Ce que je trouve valorisant est que l’on travaille pour des acteurs de grande taille alors que nous sommes encore tout nouveau dans le métier.

Le premier gros client que nous avons remporté est la Ligue Nationale de Handball avec laquelle une belle collaboration s’est installée pour la gestion de l’ensemble de leurs comptes sur les réseaux sociaux (TikTok, Instagram, Facebook, Twitter et le site internet). Depuis que l’on travaille avec eux, leurs communautés ont pris beaucoup d’ampleur sur l’ensemble des réseaux. C’est un travail 7 jours sur 7 pour moi et l’équipe mais quand on voit les résultats que l’on obtient, on se dit que l’on peut être fier du travail accompli.

SBB : Un mot sur Roland-Garros avec qui vous travaillez cette année, quelles sont vos missions ? 

JSC : En effet, depuis maintenant plus de 2 semaines, JumpStart Studio peut officiellement dire que nous sommes un des prestataires de la Fédération Française de Tennis et que nous intervenons sur le tournoi de Roland-Garros. Nous avons remporté un appel d’offres pour la captation et le montage de programmes enregistrés qui sont diffusés sur les réseaux sociaux du tournoi et sur les écrans géants dans le stade pendant la quinzaine.

C’est le plus gros projet à date pour JumpStart Studio. Nous avons construit une équipe de 7 personnes qui travaillent sur l’événement pour pouvoir livrer une soixantaine de vidéos par jour, tous formats confondus. Ce premier tournoi pour nous se passe très bien. C’est une expérience de fou pour un passionné de tennis comme moi. Je suis comme dans un rêve depuis quelques semaines maintenant !

 

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SBB : Etes-vous à la recherche de fonds, de partenaires, de futurs collaborateurs ?

JSC : Non, je ne suis pas à la recherche de fonds. Par contre, des partenaires, oui. Il y a toujours des sujets sur lesquels nous avons besoin d’accompagnement. Aujourd’hui, il n’y pas d’offre d’emploi disponible mais vous pouvez tout de même envoyer votre CV si vous souhaitez travailler dans la vidéo ou les réseaux sociaux. Même si l’opportunité n’est peut-être pas pour aujourd’hui, je garde les candidatures et les CV des personnes qui ont un profil intéressant parmi tous ceux que je reçois.

SBB : Quels sont vos principales difficultés rencontrées pour le moment dans ce projet entrepreneurial ?

JSC : Les difficultés que j’ai rencontrées jusqu’à présent sont surtout des difficultés personnelles. Comme je l’ai dit un peu plus haut, j’ai encore beaucoup à apprendre sur ce nouveau costume de manager. Je dois mieux accompagner les équipes et mieux structurer nos process internes. C’est ma priorité de l’année. Je dois aussi apprendre à plus déléguer. C’est même la chose la plus difficile je dirais. Surtout quand on a eu l’habitude de tout maîtriser et d’avoir un œil sur tout, ce n’est pas évident de passer la main et d’accepter que les choses soient faites de manière légèrement différente que d’habitude.

Enfin, la dernière, c’est le recrutement. On est pour l’instant dans un entre deux où on a besoin d’avoir des personnes qui sont à fond dans le projet mais qui vont aussi faire un pari sur l’avenir car elles vont rejoindre une petite entreprise où tout est à construire !

SBB : Comment utilisez-vous vos expériences passées dans ce projet ?

JSC : Mon expérience au sein du laboratoire pharmaceutique me sert beaucoup. C’était une grosse structure qui m’a fait découvrir les rouages du monde de l’entreprise, les process et les standards de qualité. C’est donc beaucoup plus facile de se mettre à la place de mes interlocuteurs chez nos clients au quotidien.

Encore aujourd’hui, toutes les expériences que je vis m’apportent. Je suis quelqu’un de très curieux et je passe beaucoup de temps à échanger avec d’autres créateurs d’entreprise, gérant d’agence ou responsable communication. C’est d’ailleurs ce qui me nourrit au quotidien et c’est aussi pour cela que je vais m’associer avec un ami d’ici la fin de l’année. Je trouve ça toujours intéressant de confronter son point de vue et ses idées à d’autres personnes. Surtout, je suis conscient d’en être qu’au début de l’aventure et les conseils de personnes qui ont plus d’expérience que moi m’apportent toujours énormément.

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