Interview « Entreprendre dans le sport » : Alban Richard, CEO de Genezys, plateforme de cartes numériques de sport

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En septembre dernier, Genezys a fait son apparition dans le monde des plateformes de cartes numériques de sport.

Qu’il s’agisse de football ou d’ultra-trail, d’athlétisme ou de rallye automobile, de ski alpin, de voile ou de padel, Genezys propose une large offre pour soutenir tous les sportifs.

Pour en savoir plus sur cette aventure entrepreneuriale, nous avons posé quelques questions à Alban Richard, le CEO de Genezys.

« Financer le sport de haut niveau avec 50 à 70% du produit des ventes de cartes qui reviennent aux athlètes ou aux clubs »

Sport Buzz Business : Pouvez-vous nous présenter Genezys ? Quand avez-vous lancé la société ?

Alban Richard : C’est une plateforme sociale multisports basée sur le modèle des Fancards numériques qui permet d’offrir une nouvelle expérience aux fans, tout en finançant les athlètes et les clubs de haut niveau.

Nous avons commencé à travailler sur le projet en 2022 avec des passionnés de nouvelles technologies et des professionnels du monde sportif, et la plateforme a été lancée fin 2023. C’est un projet unique sur le marché, centré sur des Fancards de type Panini à l’effigie des athlètes et des clubs, mais adapté aux nouvelles technologies Web3. Ce sont des actifs numériques de type NFT produits par un moteur Token-Gated, sécurisés dans la Blockchain, avec des cas d’usage totalement nouveaux.

Il s’agit de financer le sport de haut niveau avec 50 à 70% du produit des ventes de cartes qui reviennent aux athlètes ou aux clubs. Dans l’autre sens, celui ou celle qui détient ces cartes bénéficie d’une connexion directe avec l’athlète ou le club concerné. Il s’agit d’un accès à une nouvelle expérience fan faite de contenus exclusifs, de challenges et de récompenses uniques en provenance directe des athlètes.

Par son activité sur Genezys, le Fan peut aussi accumuler des points qu’il va convertir chaque mois en argent, et surtout collectionner, échanger et revendre ses Fancards sur notre place de marché. Il s’agit d’une nouvelle façon de vivre sa passion pour le sport en étant rémunéré et en soutenant financièrement les athlètes.

SBB : Combien d’associés compte Genezys ?

AR : Ce sont des passionnés de nouvelles technologies et d’entreprenariat qui ont créé Moonshot Labs, un incubateur de startups basé à Grenoble. C’est là qu’est né le projet Genezys, avec l’idée que la Tech pouvait contribuer à aider au financement du sport. Nous sommes 8 associés à la tête de Genezys, 17 personnes à travailler sur le projet au quotidien, auxquelles il faut ajouter l’incubateur et le fonds d’investissement.

« Cette année, nous levons entre 5 et 7 millions d’euros »

SBB : Quel est le point de départ de cette création, le constat, la motivation ?

AR : Le constat était simple : contrairement au web 2.0, les nouvelles technologies de type web3 permettent de connecter directement les créateurs de valeur avec leurs utilisateurs ou leurs fans et de créer de la valeur ensemble. C’est le point de départ et il n’y avait aucune raison que cela ne puisse pas s’appliquer au sport de haut niveau. C’est aussi valable pour la création, la musique, l’art en général.

Aujourd’hui, d’autres plateformes font de la Fantasy avec le football ou les sports à grosses audiences comme la NBA, mais nous sommes les seuls sur le marché à offrir une fan experience de ce type pour tous les sports.

Sur Genezys, on peut s’offrir la carte d’un footballeur de Premier League comme Maxwell Cornet, d’une championne d’Europe de gymnastique comme Coline Devillard ou d’une star de l’Ultra-Trail comme Aurélien Dunand-Pallaz, qui a tout raflé cette année.

On peut également citer les deux stars du XV de France Matthieu Jalibert et Cameron Woki, la footballeuse des Bleues et du PSG Elisa De Almeida, la pépite du tennis français Gabriel Debru, la star du MMA Baki Chamsoudinov, la championne du monde de basket 3×3 Marie-Eve Paget, ou la reine du ski français Tessa Worley. Mais ce n’est pas tout, car nous soutenons aussi des clubs et des collectifs comme le FC Grenoble Rugby ou K-Challenge, le projet français de l’America’s Cup en voile.

SBB : À qui s’adresse Genezys ? Combien ça coûte ?

AR : Nous sommes ouverts à tous les athlètes et les clubs de haut niveau qui souhaitent développer leur marque et financer leurs performances. Cela ne leur coûte pas un centime. Ils déploient leurs collections de Fancards sur la plateforme et récoltent la majeure partie du produit des ventes.

Côté utilisateurs, il s’agit des fans de sports qui souhaitent se rapprocher de leurs athlètes et clubs favoris et vivre des expériences nouvelles et exclusives avec eux. Il n’y a pas d’âge et de profil pour cela, même si on pense évidemment plus à la « génération Z » et aux collectionneurs de cartes comme Panini ou Pokemon.

Ils achètent les Fancards à l’unité, entre 5 et 8 euros, ou en Booster de 4 cartes, entre 12 et 24 euros, et bénéficient ainsi de tous les avantages liés à ces cartes de différentes raretés. Ils peuvent aussi les échanger et les revendre sur notre marketplace. Au final, les fans participent au succès des athlètes et sont rémunérés pour leur passion.

« C’est un très gros challenge et beaucoup de travail, mais nous sommes sur la bonne voie »

SBB : Comment comptez-vous vous démarquer par rapport aux autres offres de ce type ?

AR : D’abord, nous avons choisi d’être très réglementés. Nous avons obtenu l’enregistrement PSAN de l’AMF en décembre 2023 et nous sommes la seule sportech en France dans ce cas.

C’est une différence fondamentale qui nous permet d’être tiers-partie réglementée pour tous nos utilisateurs et de donner ainsi accès aux monde des Collections Numériques et des portefeuilles fans associés. C’est-à-dire, rendre accessibles ces nouvelles technologies Web3 à tout le monde.

Ensuite, sur la philosophie, une plateforme comme Sorare, par exemple, propose des Fancards pour jouer à des jeux de Fantasy et concerne le foot et deux ou trois sports majeurs sur le plan mondial.

Genezys est aussi basé sur la collection de cartes, mais se trouve du côté de la fan experience. C’est une différence fondamentale. On doit aussi souligner le côté éthique, car tout est mis en place pour aider financièrement les sportifs, et notamment celles et ceux qui brillent dans des disciplines peu exposées et peu rémunératrices.

SBB : Quel est le business model de Genezys ?

AR : Encore une fois, il est simple et transparent. Il est basé sur les ventes de Fancards, dont 25% reviennent à Genezys. Tout le reste va aux athlètes et aux clubs qui viennent sur notre plateforme. Même principe sur le marché secondaire où les sportifs sont également rémunérés sur chaque transaction.

SBB : Comment avez-vous débuté l’aventure d’un point de vue financier ?

AR : Des investissements ont été faits par les fondateurs, puis par des levées de fonds avec des business angels et les fonds d’investissement. Cette année, nous levons entre 5 et 7 millions d’euros.

SBB : Quelles actions marketing et de communication allez-vous mettre en place pour vous faire connaître ?

AR : Il y aura sept campagnes de communication entre maintenant et la fin de l’année. Elles concernent différents canaux et différentes cibles. Pour la partie marketing, notre souhait est de jouer au maximum sur les plus grands événements sportifs nationaux et internationaux. Nous mettons également beaucoup de ressources dans notre présence sur les réseaux sociaux et sur la création de contenus de qualité.

SBB : Etes-vous à la recherche de fonds, de partenaires, de futurs collaborateurs ?

AR : Oui, nous terminons une levée de fonds seed et nous commençons une levée mixte entre de l’equity et des ventes de jetons (ICO) qui débutent le 28 juin. Et de nouveaux collaborateurs nous rejoignent régulièrement.

SBB : Quelles sont vos principales difficultés rencontrées pour le moment dans ce projet entrepreneurial ?

AR : C’est un projet très ambitieux, car il faut aligner la technologie, les sportifs et les fans qui nous rejoignent, le marketing et le lancement de la plateforme dans de bonnes conditions. C’est un très gros challenge et beaucoup de travail, mais nous sommes sur la bonne voie.

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